Kenya: Près de 500 morts dans les violences entre communautés en 2013

Par AFP

Kenya: Près de 500 morts dans les violences entre communautés en 2013 © AFP

Près de 500 personnes ont été tuées en 2013 au Kenya dans des violences inter-communautaires qui ont également fait plus d'un millier de blessés et chassé de leurs foyers près de 50. 000 personnes, a annoncé mardi l'ONU.

Les régions les plus touchées par ces conflits sont la zone de Moyale (dans le nord, à la frontière éthiopienne) et les cantons de Mandera (nord-est, aux frontières éthiopienne et somalienne) et de Tana River ( dans le sud).

« Les récents affrontements localisés sont attribués à la concurrence pour la représentation politique, pour les terres et les ressources », indique le Bureau de l’aide humanitaire de l’ONU (Ocha) qui estime que 491 personnes ont péri dans ces violences, 1. 235 ont été blessés et 47. 050 déplacées en 2013.

Les plus récentes ont fait plusieurs dizaines de morts en décembre dans la zone de Moyale, lors d’affrontements entre la communauté Borana traditionnellement majoritaire dans la région et les communautés Rendille, Gabra et Burji, qui se sont alliés politiquement et émergent comme une force politique dominante.

Les tensions sont historiquement récurrentes autour de l’eau, des pâturages ou du bétail entre les communautés riveraines au Kenya et donnent lieu épisodiquement à des éruptions de violence meurtrière, dans une région où les armes pullulent.

Mais dans de nombreuses régions rurales, à ces conflits traditionnels sont venues s’ajouter plus récemment des luttes souvent alimentées par des politiciens de la région pour le contrôle des instances politiques locales, aggravées par la large décentralisation instituée par la Constitution adoptée en 2010 et mise en oeuvre depuis les élections générales de mars 2013.

En novembre, des miliciens Pokot avaient assiégé un village du département du Turkana (nord), privant 900 Turkana d’accès à la nourriture, et attaqué des postes de police, à propos d’un différend autour du tracé des nouvelles frontières administratives issues de la décentralisation.

En 2012, les conflits entre communautés avaient fait plus de 500 morts, quelque 350 blessés et plus de 100. 000 déplacés. Plusieurs conflits avaient été très meurtriers à l’approche du scrutin de mars 2013.

« Le gouvernement a déployé des forces de sécurité et ordonné des opérations de désarmement dans les zones touchées. Des mesures d’apaisement des conflits et des initiatives de réconciliation et de paix ont également été lancées au niveau local », explique Ocha qui estime que l’accès des humanitaires à ces zones reste difficile.

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