Lutte anti-corruption en Afrique du Sud: un ministre veut donner l’exemple

Par AFP

Lutte anti-corruption en Afrique du Sud: un ministre veut donner l'exemple © AFP

Le ministre sud-africain du Transport a annoncé mardi qu'il rendra une Mercedes S500 et deux bovins reçus en cadeaux, pour se conformer à l'engagement du nouveau président Jacob Zuma de lutter contre la corruption.

Le ministre, Sbu Ndebele, a reçu le week-end dernier cette voiture, dont la valeur est estimée à plus d’un million de rand (117. 000 dollars, 87. 000 euros), d’un groupe de contractants qui avaient bénéficié d’un programme de transport gouvernemental.

« Après avoir accordé une attention particulière à ce sujet et après en avoir parlé avec ma famille, j’ai décidé de rendre volontairement la Mercedes Benz S500 et les deux bovins », a déclaré M. Ndebele devant des journalistes au Cap.

Les cadeaux reçus par les officiels ont provoqué des remous avec les syndicats et les partis d’opposition qui ont appelé à leur restitution.

Le président Zuma -élu le 6 mai par le Parlement- s’est engagé à mener une politique radicale pour enrayer la corruption. De telles charges retenues contre lui, à l’époque président du parti du Congrès National Africain (ANC), avaient été abandonnées juste avant les élections générales d’avril.

M. Ndebele a ajouté que M. Zuma l’avait autorisé à garder la voiture après avoir consulté son parti, le Congrès national africain (ANC, au pouvoir).

Le code national de l’éthique prévoit que les cadeaux d’une valeur supérieure à 1. 000 rands soient autorisés par le président et, si c’est le cas, être déclarés.

Leurs responsables « ont dit qu’il n’y avait rien de mal à garder (ces cadeaux) », a poursuivi le ministre, mais finalement, il a écarté cette « distraction malvenue ».

« Je préfère que les choses se passent de cette manière », a-t-il dit, ajoutant avoir demandé la vente de la voiture pour en verser le montant à un programme dans la province de KwaZulu-Natal, où il a travaillé avant de rejoindre le gouvernement de Zuma.

Sous des administrations précédentes, plusieurs députés avaient été reconnus coupables d’avoir utilisé de manière frauduleuse des billets de voyage. Un haut responsable avait même été emprisonné pour avoir eu un rabais sur une voiture de luxe liée à un contrat d’armement controversé.