2009-07-11 08:53:13 | AFP

Le G8 sort la tête haute de L'Aquila mais ses jours sont comptés

Le G8, élargi aux pays émergents, est parvenu à l'issue de son sommet à L'Aquila, à marquer des points sur le climat, à tendre la main aux pays les plus pauvres, et à sauver son unité sur l'Iran, en dépit des critiques dont il est l'objet.

Le président américain Barack Obama, dont c'était le premier G8, s'est félicité de ce sommet "très productif", soulignant le "consensus historique" qui a permis des avancées sur le terrain de la lutte contre le réchauffement climatique.

Il n'a toutefois pas été rejoint sur ce point par le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, également présent à L'Aquila, et par plusieurs experts, plus circonspects. "Les résultats du G8 sont insuffisants", a estimé M. Ban, faute d'engagement à moyen terme qui aurait permis un accord plus ambitieux.

Les principaux pays pollueurs de la planète, G8 et grands pays émergents, dont la Chine et l'Inde, ont certes reconnu lors de ce sommet que la terre ne pouvait pas se réchauffer au-delà de deux degrés, rejoignant ainsi, et pour la première fois, la communauté scientifique.

Ils restent encore divisés sur les moyens d'y remédier. Les huit pays les plus riches de la planète veulent diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici 2050 et par cinq ou plus en ce qui concerne les pays industrialisés.

Faute d'engagement à l'horizon 2020, les pays émergents, Chine en tête, ont refusé de s'associer à cet accord.

Le G8 "pouvait faire plus" sur le climat, mais ses conclusions ont donné de l'élan à la négociation du futur accord attendu à Copenhague en décembre, a résumé Yvo de Boer, le plus haut responsable du climat aux Nations unies.

Sur le plan économique, le sommet de L'Aquila a confirmé qu'il était une réunion de transition avant le sommet du G20 en septembre à Pittsburgh (Etats-Unis). Riches et émergents ont toutefois profité du rendez-vous de L'Aquila pour s'engager à "résister" au protectionnisme en décidant à conclure en 2010 les négociations commerciales, dites du cycle de Doha.

La Chine, de son côté, n'est pas parvenue à imposer à l'agenda une remise en cause du dollar-roi. Mais son appel à une "diversification" du système monétaire international a reçu l'appui du président français Nicolas Sarkozy.

Le G8 était également attendu sur le dossier iranien où les approches restent divergentes entre la Russie et les autres pays membres de ce club de pays industrialisés.

L'unité a été maintenue dans le cadre d'une déclaration commune qui ne condamne néanmoins pas le gouvernement iranien. Les Huit ont opté pour la prudence en se donnant deux mois pour décider de la conduite à tenir vis-à-vis de l'Iran.

Barack Obama a toutefois maintenu la pression en avertissant Téhéran que la communauté internationale n'allait pas attendre indéfiniment une réponse à son offre de dialogue sur le dossier nucléaire. Il a également qualifié les évènements post-électoraux de "terribles".

Sommé par les ONG de tenir ses promesses vis-à-vis des pays les plus pauvres, le G8 a finalement décidé de porter à 20 milliards de dollars son aide destinée à favoriser la sécurité alimentaire, alors que 15 milliards étaient initialement prévus.

Ce sommet, fortement remis en cause dans son format actuel de huit pays, y compris par les Etats-Unis ou la France qui entendent l'élargir et le réformer, a aussi permis à Silvio Berlusconi de gagner son pari et de redorer son blason.

Imprimer l'articleEnvoyer l'articlePartager l'article Tous droits de reproduction et de représentation

Dernière Minute

Toutes les dépêches

Côte d'Ivoire: incident dans l'ouest à propos de la liste électorale

L'ONU regrette la demande de retrait de sa force de paix au Tchad

Liban: l'avion d'Ethiopian Airlines a "explosé en vol", selon un ministre libanais

Un homme d'affaires prêt à inaugurer le drapeau kenyan dans l'espace

Vingt ans après la libération de Mandela, les inégalités perdurent en Afrique du Sud

Gabon: polémique autour de l'éventuel enfouissement de déchets toxiques

Les écoles privées fleurissent au Zimbabwe face à la déliquescence du public

Zimbabwe: les querelles menacent un an de progrès et de gouvernement d'union

Les écoles privées fleurissent au Zimbabwe face à la déliquescence du public

Rwanda: le financier présumé du génocide toujours au Kenya, selon Washington