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17/08/2013 à 15:16
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Egypte: la mosquée assiégée du Caire totalement évacuée Egypte: la mosquée assiégée du Caire totalement évacuée © AFP

Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi retranchés dans une mosquée du centre du Caire ont tous été évacués samedi après-midi, ont annoncé à l'AFP des sources au sein des services de sécurité.

Les forces de l'ordre peinaient toutefois à prendre le contrôle du minaret de la mosquée Al-Fath, depuis lequel, selon l'agence de presse gouvernementale Mena, des tireurs avaient ouvert le feu sur les forces de l'ordre. Mais plus aucun tir ne résonnait en fin d'après-midi, ont assuré les sources de sécurité.

La police a lancé l'assaut dans l'après-midi contre cette mosquée où s'étaient retranchés de nombreux islamistes, assiégés depuis vendredi soir par les forces de l'ordre, au quatrième jour de heurts ayant fait plus de 750 morts.

L'état d'urgence et un couvre-feu nocturne sont en vigueur en Egypte, devenue un véritable champ de bataille depuis la dispersion dans le sang mercredi au Caire des campements de partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet.

Un journaliste de l'AFP présent au moment de l'assaut a vu les policiers commencer à sortir de force sept ou huit hommes, mais la foule de résidents en colère les a frappés à coups de bâtons et de barres de fer.

A l'aube, des images diffusées par des télévisions avaient montré des policiers entrés sans violence dans la mosquée et qui semblaient négocier avec les manifestants leur sortie.

Une manifestante à l'intérieur a affirmé à l'AFP par téléphone que les pro-Morsi réclamaient la garantie de ne pas être arrêtés ou attaqués par des civils hostiles en sortant de la mosquée.

Un nouveau spectre flotte désormais sur l?Égypte, celui de la justice de rue dans un pays où les divisions n'ont jamais été si profondes. Des "comités populaires" se sont mis en place. Il s'agit en réalité de groupes d'auto-défense de jeunes souvent excités et armés qui fouillent les passants, contrôlent l'accès à leur quartier et amènent de force à l'armée et à la police toute personne leur paraissant suspecte.

Vendredi, Le Caire s'était transformé en un véritable champ de bataille avant que leurs manifestations ne cessent une heure après l'entrée en vigueur du couvre-feu nocturne. Durant les heurts, qui ont fait, officiellement, 95 morts au Caire, le fils du Guide suprême des Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi, a été mortellement touché par balle sur la place Ramsès, proche d'Al-Fath, a annoncé la confrérie.

Par ailleurs, le frère du chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a été arrêté dans la banlieue du Caire pour "soutien" à M. Morsi, ont annoncé des responsables des services de sécurité à l'AFP.

Appel à des "mesures appropriées" de l'UE

Le gouvernement affirme désormais "combattre le terrorisme" mais le choix de la solution sécuritaire qu'il a adopté depuis mercredi a provoqué une salve de critiques à l'étranger.

Vendredi, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a invité les États membres de l'Union européenne à prendre "des mesures appropriées" lors d'une réunion prévue lundi à Bruxelles.

Les grands pays européens ont continué à déconseiller les voyages en Egypte, alors que la Suède, la Norvège et la Finlande ont rapatrié leurs ressortissants qui y faisaient du tourisme.

La Turquie a, elle, rappelé son ambassadeur en Egypte, et Le Caire a aussitôt pris la même mesure et annulé des man?uvres navales communes prévues.

En revanche, Ryad et Amman ont affirmé soutenir le pouvoir égyptien "face au terrorisme".

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