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13/06/2013 à 06:40
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Mozambique: la poursuite de la grève des médecins fait souffrir la population Mozambique: la poursuite de la grève des médecins fait souffrir la population © AFP

"Tous les jours, je viens et il n'y a pas de médecin": comme d'autres patients, Virginia Sitoe doit une fois de plus rebrousser chemin, une grève des médecins entraînant depuis plus de trois semaines la quasi-paralysie des hôpitaux du Mozambique.

Quelques-uns des principaux hôpitaux du pays renvoient les malades chez eux, en raison d'un mouvement de grève observé depuis le 20 mai par les personnels de santé, notamment les médecins, qui réclament des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail. Seuls les soins essentiels sont assurés.

"Nous ne prévoyons pas de consultations, nous n'avons pas de médecins", a déclaré la réceptionniste de l'hôpital à Mme Sitoe, qui attend depuis le 24 mai les résultats d'examens en vue d'une opération gynécologique.

Dans l'entrée habituellement animée de cet hôpital de Maputo, la plupart des bancs sont vides. Seuls les patients les plus malades se donnent encore la peine de venir dans l'espoir de voir un médecin. Les autres ont renoncé et restent chez eux.

Sitoe est l'une des nombreux Mozambicains qui subissent les conséquences de la grève des médecins, infirmiers et autres personnels hospitaliers.

"Les gens ont peur de venir. Nous avons perdu notre valeur en tant qu'hôpital. Soit les gens meurent chez eux, soit ils vont chez des guérisseurs traditionnels", a déclaré à l'AFP le directeur de l'hôpital Mavelane, Ussene Isse.

M. Isse a annulé les consultations de base. Seuls les services essentiels de traumatologie et de maternité sont assurés ainsi que la distribution de rétro-viraux aux malades atteints du sida.

Pourparlers dans l'impasse

Des volontaires de la Croix-Rouge mozambicaine transportent les malades d'une salle à l'autre.

L'hôpital est resté ouvert grâce à la réquisition de médecins militaires et d'élèves infirmiers.

Les médecins, dont beaucoup gagnent moins de 460 euros par mois réclament le doublement de leur salaire. Ils jugent insuffisante la hausse de 15% obtenue après un mouvement de grève observé en janvier.

Le gouvernement, qui juge la grève illégale, a réagi en décidant que tout jour non ouvré ne serait pas rémunéré.

En conséquence, de nombreux médecins ont regagné leur poste mais observent une "grève silencieuse", en ralentissant leurs activités.

"Les gens ici ne travaillent pas vraiment", a déclaré à l'AFP un assistant en chirurgie qui a demandé à garder l'anonymat par crainte de représailles.

Les pourparlers entre le gouvernement et les grévistes ont abouti à une impasse.

Le gouvernement refuse de reconnaître une association qui affirme représenter les infirmiers, personnels de ménage et autres salariés du secteur médical. Mais les médecins refusent de négocier sans eux.

Le président du Mozambique, Armando Guebuza, critiqué pour avoir entrepris une tournée en Extrême-Orient en quête d'investissements durant cette crise, s'en est pris aux grévistes. Ils les a accusés de "ne pas accorder suffisamment d'importance à la vie humaine". Au cours d'une visite le week-end dernier dans le principal hôpital de Maputo, il leur à demandé de renoncer à leur action.

Le gouvernement a assuré que la grève n'a pas entraîné le décès de malades.

Selon un porte-parole du gouvernement, Albert Nkutumula, dans certaines provinces, "aucun médecin, infirmier ou professionnel de santé n'a cessé ses activités".

Les médias locaux ont cependant fait état de procédures bâclées par des élèves infirmiers.

Un élève infirmier travaillant dans le service de maternité de l'hôpital Mavelane a indiqué à l'AFP qu'ils travaillaient sans une partie de l'équipement nécessaire pour les accouchements parce qu'il n'y a personne pour assembler les kits médicaux.

Assise sur le trottoir devant le bâtiment, une femme gémit, se plaignant de contractions. Cela fait trois heures qu'elle est là, sans avoir reçu d'aide.

Une autre patiente Olinda Carlos, dit qu'elle n'a pas d'avis sur le bien-fondé de la grève. "Je veux simplement voir un médecin. Je veux vivre", dit-elle.

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