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29/03/2013 à 10:39
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Centrafrique: calme apparent à Bangui dans l'attente d'un gouvernement Centrafrique: calme apparent à Bangui dans l'attente d'un gouvernement © AFP

Bangui, au mains de la rébellion Séléka depuis cinq jours, a célébré discrètement vendredi l'anniversaire du père fondateur de la Centrafrique indépendante, Barthélémy Boganda, en présence du Premier ministre Nicolas Tiangaye qui devrait annoncer sous peu la composition d'un nouveau gouvernement.

Quelque 300 personnes s'étaient réunies autour d'une fanfare pour célébrer l'éphémère premier président centrafricain, dont le mandat n'avait duré qu'un an entre 1958 et 1959, a constaté un journaliste de l'AFP.

"D'habitude, il y a plus de monde, mais là les gens ne peuvent pas se déplacer et ont peur de bouger", assure une Banguissoise requérant l'anonymat, alors que la rébellion, qui a pris pris le pouvoir dimanche est dans tous les esprits.

Le premier président Boganda, "c'est un symbole, il a beaucoup fait pour notre pays", assure le père Peter Banguima, un prêtre qui s'inquiète à présent de voir, au pouvoir, ceux qu'ils appellent "les musulmans" de la coalition rebelle Séléka. "Même si il y a des musulmans au sein du Séléka, la Centrafrique est un pays laïc et le restera", assure de son côté le premier adjoint au maire de Bangui, Téodore Kanda.

En ce jour férié, la capitale centrafricaine était calme vendredi, et seuls quelques taxis circulaient dans la ville.

La vie économique et administrative devrait reprendre "mardi au plus tard", lendemain de Pâques, avait indiqué jeudi le porte-parole du Séléka, Christophe Gazam Betty.

Le nouveau gouvernement attendu sous peu

Selon une source proche du Premier ministre Nicolas Tiangaye, qui dirigeait un gouvernement d'union nationale depuis seulement deux mois, un nouveau gouvernement "de transition" pourrait être annoncé dès vendredi.

M. Tiangaye a été reconduit mercredi dans ses fonctions de Premier ministre par le nouvel homme fort de la Centrafrique, le chef rebelle Michel Djotodia, après le renversement, dimanche, du président François Bozizé.

Après sa fuite vers le Cameroun, le président déchu a demandé l'asile au Bénin, mais ne s'y trouvait pas encore jeudi, selon le ministre béninois des Affaires étrangères, Arifari Bako.

Dès dimanche, M. Djotodia s'était posé en nouveau maître du pays. Cet ancien fonctionnaire ayant basculé en 2005 dans la rébellion a déclaré lundi qu'il comptait diriger la Centrafrique pendant "trois ans", jusqu'à l'organisation d'élections. Annonçant la suspension de la Constitution et la dissolution de l'Assemblée nationale, il a précisé qu'il allait "légiférer par ordonnances".

L'insécurité a régné depuis le début de semaine dans la capitale où de nombreuses personnes ont profité de la confusion pour piller notamment les domiciles des expatriés, en se faisant passer pour des membres de la rébellion.

De nombreux ressortissants français ont quitté le pays jeudi par un vol commercial d'Air France. Toutefois, le quai d'Orsay n'a pas donné d'ordre d'évacuation, de source diplomatique à Bangui.

M. Djotodia a demandé jeudi à toutes les forces de sécurité, régulières ou issues de la rébellion, de travailler "ensemble" à un retour à la normale.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait déploré jeudi une situation "catastrophique" dans les hôpitaux où "près de 200 blessés ont été admis (. . . ) à la suite des affrontements", tandis qu'une quarantaine de personnes étaient "toujours en attente d'une opération urgente". "Comme l'ensemble de la ville, les hôpitaux manquent d'eau courante, d'électricité en continu et bientôt de carburant", selon le CICR.

La Centrafrique, ancienne colonie française, n'a connu depuis son indépendance en 1960 qu'une série de coups d'Etat, scrutins contestés, rébellions et mutineries. Le président déchu François Bozizé était lui-même arrivé au pouvoir par les armes en 2003.

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