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28/03/2013 à 22:52
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Centrafrique: rébellion et armée régulière travailleront ensemble Centrafrique: rébellion et armée régulière travailleront ensemble © AFP

Le chef rebelle Michel Djotodia, président autoproclamé de Centrafrique, a demandé jeudi à toutes les forces de sécurité, régulières ou issues de la rébellion, de travailler "ensemble" à un retour à la normale à Bangui, annonçant une reprise de la vie administrative et économique dès mardi.

"Nous allons reprendre la vie économique et administrative mardi au plus tard", a affirmé à l'AFP le ministre de la Communication et porte-parole du Séléka, Christophe Gazam Betty, à la sortie d'une réunion de M. Djotodia avec les officiers supérieurs de la coalition rebelle Séléka, de l'armée régulière, de la gendarmerie et de la police.

"On a demandé à tous les officiers d'être mardi à leur poste de travail. Ils (Séléka et armée) vont travailler ensemble. Il va falloir travailler à la constitution d'une armée qui soit une armée professionnelle capable de sécuriser le pays, les frontières, les biens et les personnes", a affirmé le porte-parole.

M. Djotodia a déclaré ne vouloir exclure personne devant les officiers supérieurs réunis pour la circonstance.

Par ailleurs, la Fomac, la Force multinationale d'Afrique centrale, "a eu l'autorisation de tous les chefs d'Etat d'appuyer l'opération de sécurisation de la ville", a affirmé M. Gazam Betty.

Les pays de la région avaient envoyé des troupes lors d'une première crise en décembre pour soutenir le président François Bozizé, mais depuis le renversement de Bozizé dimanche les soldats de la Fomac patrouillent dans la capitale centrafricaine avec le Séléka.

Ces annonces arrivent au lendemain de la reconduction du Premier ministre Nicolas Tiangaye, qui dirigeait un gouvernement d'union nationale depuis seulement deux mois. Un nouveau gouvernement "de transition" pourrait être annoncé "dès demain" selon une source proche du Premier ministre.

Les administrations ne fonctionnent pas et si quelques petits commerces ont repris, les entreprises n'ont pas rouvert et certains quartiers continuent à vivre dans l'insécurité privant les habitants de toute possibilité de déplacement.

A Bangui, "l'insécurité régnante entrave les efforts humanitaires et l'acheminement de l'assistance et notamment de l'aide médicale", a affirmé jeudi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

La Croix rouge à qualifié de "catastrophique" la situation des hôpitaux de Bangui, où "près de 200 blessés ont été admis (. . . ) à la suite des affrontements", tandis qu'une quarantaine de personnes sont "toujours en attente d'une opération urgente. Comme l'ensemble de la ville, les hôpitaux manquent aujourd'hui d'eau courante, d'électricité en continu et bientôt de carburant"

Les entrepôts du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont été en grande partie pillés, avait indiqué mercredi une porte-parole de l'organisation humanitaire.

Suite à ces pillages, de nombreux ressortissants français ont quitté le pays jeudi par un vol commercial d'Air France. Toutefois, le quai d'Orsay n'a pas donné d'ordre d'évacuation, de source diplomatique à Bangui.

De même source, depuis dimanche, plusieurs dizaines de ressortissants victimes de pillages qui souhaitaient être hébergés ont été regroupés sur trois sites sécurisés de la capitale.

"Nous sommes en train de procéder au casernement des gens du Séléka", a annoncé mercredi M. Tiangaye. "Beaucoup de gens, des faux Séléka, circulent dans la ville terrorisant la population et puis les bandits s'y sont mêlés et donc ça ne fait qu'aggraver la situation", a-t-il assuré.

Arguant du non-respect de l'accord signé à Libreville en janvier entre le pouvoir, la rébellion et l'opposition démocratique, le Séléka avait lancé en fin de semaine dernière une nouvelle offensive éclair sur Bangui, poussant François Bozizé à fuir vers le Cameroun voisin.

Jeudi, le président déchu a demandé l'asile au Bénin, mais n'était "pas à Cotonou actuellement", a précisé le ministre béninois des Affaires étrangères, Arifari Bako.

Dès dimanche, Michel Djotodia s'était posé en nouveau maître du pays. Cet ancien fonctionnaire ayant basculé en 2005 dans la rébellion a déclaré lundi qu'il comptait diriger la Centrafrique pendant "trois ans", jusqu'à l'organisation d'élections. Annonçant la suspension de la Constitution et la dissolution de l'Assemblée nationale, il a précisé qu'il allait "légiférer par ordonnances".

Un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) consacré à la Centrafrique se tiendra le 3 avril à N'Djaména, au Tchad.

La Centrafrique, ancienne colonie française, n'a connu depuis son indépendance en 1960 qu'une série de coups d'Etat, scrutins contestés, rébellions et mutineries. Le président déchu François Bozizé était lui-même arrivé au pouvoir par les armes en 2003.

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