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08/03/2013 à 08:09
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Kenya: Kenyatta en tête de la présidentielle, résultats dans la journée Kenya: Kenyatta en tête de la présidentielle, résultats dans la journée © AFP

Le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta disposait vendredi d'une large avance, à deux doigts de lui assurer une victoire dès le premier tour de l'élection présidentielle au Kenya, dont les résultats définitifs étaient attendus dans la journée.

Peu après 09H30 (06H30 GMT), un peu plus de 9,4 millions de bulletins, sur 14,3 millions d'inscrits, avaient été dépouillés et donnaient plus de 4,7 millions de voix à M. Kenyatta, fils du premier président du pays, soit plus de 600. 000 suffrages d'avance sur son adversaire direct, le Premier ministre sortant Raila Odinga.

Ce score, s'il se maintenait, permettrait à M. Kenyatta de franchir d'un cheveu la barre des 50% des votants, requise pour une victoire au premier tour.

Mais les résultats de plus d'un quart des circonscriptions restent à comptabiliser et M. Kenyatta est passé à plusieurs reprises sous cette barre fatidique ces dernières heures.

Au quatrième jour après le scrutin présidentiel de lundi, le Kenya attendait toujours dans le calme de connaître le nom de son quatrième président depuis l'indépendance, plus de cinq ans après la précédente élection dont les résultats contestés avaient débouché sur un bain de sang.

Le président sortant Mwai Kibaki -- qui, à 81 ans, ne se représente pas cette année -- l'avait alors emporté de justesse face, déjà, à Raila Odinga, aujourd'hui âgé de 68 ans.

Des soupçons de fraude massive avaient débouché sur de sanglants affrontements politico-ethniques: plus de 1. 000 personnes avaient été tuées et des centaines de milliers d'autres déplacées.

Uhuru Kenyatta, 51 ans, avait lui aussi été un acteur important du précédent scrutin, comme soutien à Mwai Kibaki. Il est inculpé de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale pour son rôle présumé dans les massacres d'il y a cinq ans, des accusations dont il se dit innocent.

L'ouverture de son procès devait à l'origine coïncider avec un éventuel deuxième tour de la présidentielle kényane, mais la CPI a annoncé jeudi soir son report du 11 avril au 9 juillet, en raison "d'importantes questions" soulevées par la défense qui invoque de nouveaux éléments au dossier.

"Il n'y a absolument aucun lien" entre la date d'ouverture du procès de M. Kenyatta et les élections au Kenya, avait indiqué jeudi à l'AFP Fadi el-Abdallah, porte-parole de la CPI, peu avant l'annonce officielle du report. "Le calendrier de la Cour ne se fait pas en fonction du calendrier politique".

M. Kenyatta est la première personnalité politique inculpée par la CPI qui pourrait être élue chef d'Etat avant l'ouverture de son procès, ce qui créerait une situation politique et juridique inédite.

La CPI a déjà inculpé en 2009 un autre chef d'Etat, le soudanais Omar el-Béchir, accusé de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour (ouest du Soudan), mais cette inculpation avait été prononcée alors que M. Béchir était déjà au pouvoir depuis vingt ans. Le chef d'Etat soudanais n'a toujours pas été interpellé depuis son inculpation.

M. Kenyatta a pour sa part assuré que même élu, il assisterait à La Haye à son procès, qui pourrait durer au moins deux ans, en dépit des difficultés à concilier cette obligation avec ses charges de chef d'Etat.

Après trois jours de cafouillage et de diverses défaillances techniques dans le dépouillement, la commission électorale a promis de son côté pour ce vendredi l'annonce des résultats du scrutin.

Le camp d'Odinga -- choqué d'être relégué largement derrière M. Kenyatta alors que tous les sondages de campagne donnaient les deux hommes au coude à coude -- a exigé jeudi, en vain à ce stade, un arrêt du décompte en invoquant des "résultats trafiqués", des accusations catégoriquement rejetées par la commission électorale.

Des associations issues de la société civile s'apprêtaient vendredi à tenter une ultime démarche devant un tribunal pour interrompre ces opérations de dépouillement.

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