Extension Factory Builder
21/02/2013 à 12:22
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Tunisie: le parti islamiste tarde à désigner un Premier ministre Tunisie: le parti islamiste tarde à désigner un Premier ministre © AFP

Les tractations sur le choix du futur Premier ministre tunisien se poursuivaient jeudi, le parti islamiste Ennahda au pouvoir n'ayant pas encore trouvé de successeur à Hamadi Jebali, dont la démission a aggravé la crise politique.

Ennahda envisage de convoquer son instance consultative, le Majlis al-Choura, "pour trancher" si l'exécutif du parti ne parvient pas jeudi à s'entendre sur un candidat au poste de Premier ministre, a indiqué l'un de ses chefs, Houcine Jaziri.

Voulant couper court aux spéculations de la presse qui évoque les noms de plusieurs premier-ministrables parmi les durs d'Ennahda, il a affirmé que M. Jebali était toujours sur les rangs.

Le Premier ministre sortant a démissionné mardi après le rejet par son propre parti de l'idée d'un cabinet de technocrates, avancée le 6 février, le jour de l'assassinat de l'opposant de gauche et acerbe critique des islamistes, Chokri Belaïd, qui a aggravé la crise politique dans le pays.

Mais il a laissé la porte entrouverte à sa reconduction en exigeant toutefois la fixation d'une date pour les élections générales et la formation d'un cabinet qui ne fasse pas l'objet de tiraillements politiques.

Le quotidien Le Temps souligne qu'Ennahda est devant un choix difficile.

"Va-t-il se plier aux conditions de son secrétaire général (Hamadi Jebali) et prendre en considération le capital de confiance dont il jouit auprès de l'opposition démocratique et de l'opinion publique? Ou bien opter pour une personnalité de son aile dure au risque d'attiser les tensions et d'enfoncer encore le pays dans la crise?", écrit le journal dans un éditorial.

Un gouvernement cette semaine ?

Le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, a souligné mercredi que le pays avait besoin de se doter rapidement d'un gouvernement et dit espérer sa formation cette semaine.

Avec 89 députés à l'Assemblée nationale constituante (ANC), Ennahda peut avoir assez facilement une coalition de 109 élus sur 217 pour faire approuver le cabinet mais le parti tente de trouver un consensus le plus large possible.

Dans l'opposition, le camp favorable à une reconduction de M. Jebali ne cesse de se renforcer d'autant plus que son idée de cabinet formé de technocrates trouve un écho favorable chez ceux qui veulent retirer à Ennahda les ministères régaliens et notamment celui de l'Intérieur.

Mais le Front populaire, une coalition de gauche dont fait partie le mouvement de Chokri Belaïd, trouve que la formation d'un nouveau gouvernement est une perte de temps au regard de l'acuité des problèmes de la Tunisie.

C'est ce qu'a répété son dirigeant Hamma Hammami au président Moncef Marzouki qui l'a reçu jeudi dans le cadre des tractations politiques.

M. Hammami a plaidé pour une conférence nationale destinée à identifier les problèmes du pays et à s'entendre sur les moyens de les régler, ce qui serait le programme d'un futur gouvernement.

Deux ans après la révolution, l'ANC n'est toujours pas parvenue à rédiger une Constitution, et les problèmes du chômage et du développement des régions défavorisées, à l'origine de la révolte qui a chassé du pouvoir l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, n'ont pas trouvé un début de solution.

L'insécurité et les problèmes sociaux empêchent une relance réelle de l'économie tandis que la montée des salafistes, responsables de plusieurs coups d'éclat violents, fait craindre une explosion de violences.

La découverte d'une cache d'armes annoncée jeudi, vient de rappeler ce risque.

Plus de deux semaines après l'assassinat de Chokri Belaïd, les autorités n'ont fait état d'aucun progrès réel dans l'enquête pour identifier ses tueurs.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Dernière Minute

Toutes les dépèches