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20/02/2013 à 10:07
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Maroc: le mouvement pro-réformes, marginalisé, mise sur la grogne sociale Maroc: le mouvement pro-réformes, marginalisé, mise sur la grogne sociale © AFP

Le mouvement du 20-Février, né durant le Printemps arabe et qui réclame des réformes politiques profondes au Maroc, paraît marginalisé deux ans après sa création mais espère rebondir à la faveur d'un mécontentement social grandissant envers le gouvernement islamiste.

Le 20 février 2011, dans la foulée des soulèvements en Tunisie et en Egypte, des dizaines de milliers de marocains manifestaient dans les grandes villes du royaume. Une Constitution et un nouveau gouvernement plus tard, le mouvement du 20-F prévoit diverses actions pour marquer son deuxième anniversaire, dont un rassemblement mercredi en fin d'après-midi devant le Parlement à Rabat.

Dans l'intervalle, ses effectifs ont toutefois fondu et, ces derniers mois, les cortèges ont peiné à rassembler quelques centaines de personnes.

"Politiquement, le 20-Février n'existe plus", affirme même à l'AFP Baudouin Dupret, directeur du centre Jacques-Berque à Rabat, qui évoque notamment "l'effet intimidant" dans l'opinion des soubresauts des révolutions voisines.

Dès le deuxième semestre 2011, l'adoption à une écrasante majorité d'une nouvelle Constitution promettant des pouvoirs renforcés pour le gouvernement, puis la victoire historique des islamistes du parti Justice et développement (PJD) ont fait baisser d'intensité la contestation.

"Après l'adoption de la Constitution, on a commencé à moins parler de nous dans les médias, puis on a eu un parti qui est arrivé pour la première fois au pouvoir avec +nos+ slogans" anti-corruption et pro-démocratie, résume Sanae Metaïch, coordinatrice du 20-F à Rabat.

En outre, à la fin de la même année, le retrait des cortèges de la puissante mouvance islamiste Justice et bienfaisance, tolérée mais officiellement interdite en raison de son opposition à la monarchie, a "privé le mouvement d'une grande partie de ses troupes", souligne M. Dupret.

Par la suite, la "répression" des autorités a également constitué un facteur de repli, selon des responsables du 20-F.

"Le pouvoir a joué la carte de la Constitution et des élections d'un côté, de la répression de l'autre", estime Samad Ayach, autre coordinateur à Rabat.

"Pas des personnes sacrées"

En décembre dernier, une Coalition marocaine des organisations de droits de l'Homme a estimé à environ 70 le nombre de militants derrière les barreaux.

"Il y a eu un changement opéré dans cette répression", renchérit Sanae Metaïch. "Avant c'était des arrestations pour +participation à une manifestation non autorisée+. A présent, c'est aussi +violences contre les forces de l'ordre+, +trafic de drogue+. . . ", selon elle.

Des peines parfois lourdes ont été prononcées: en octobre, un militant d'Al-Hoceima (nord) a été condamné en appel à 12 ans de prison.

Interrogé sur ces condamnations, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a fait valoir que la justice faisait son travail et que les militants n'étaient "pas des personnes sacrées".

"La majorité des réformes ont été réalisées. La preuve, le 20-F ne sort plus. Bon, il y a quelque uns qui veulent le ressusciter, on verra", a-t-il argué.

En guise de riposte, le mouvement nie l'ampleur de ces progrès et réclame "une démocratie authentique", tout en disant avoir fait son auto-critique.

"Nous avons manqué d'une vraie organisation, d'une vraie stratégie politique et de communication au niveau du peuple. On a besoin d'actions plus efficaces", clame Samad Ayach, âgé de 27 ans.

Le 20-F table surtout sur une contestation populaire croissante envers le gouvernement, confronté à de délicates réformes sociales (retraite, caisse de compensation) dans un contexte économique dégradé.

"Les citoyens vont prendre conscience qu'il faut un nouveau changement", juge Sanae Metaïch, étudiante en langues.

Jusque-là, le 20-F "n'est jamais parvenu à convertir une contestation d'ordre politique en contestation sociale", tempère Baudouin Dupret. "Il y a bien eu une contestation sociale parallèle", ainsi les diplômés chômeurs, "mais la jonction ne s'est jamais faite", dit-il.

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