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18/01/2013 à 14:00
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La crise au Mali attire l'attention sur l'insurrection nigériane La crise au Mali attire l'attention sur l'insurrection nigériane © AFP

Le combat du Mali contre les islamistes, avec l'aide de la France et bientôt d'une force africaine remet le projecteur sur l'insurrection jihadiste Boko Haram, toujours obscure au Nigeria, et sur les liens entre les extrémistes des deux pays.

Le Nigeria compte envoyer 1. 200 hommes au Mali et prendre le commandement de la Mission internationale au Mali (Misma) , mais le pays est menacé sur son propre sol par le groupe extrémiste, surtout dans le nord.

Si les groupes armés islamistes liés à Al-Qaïda ont établi des sanctuaires dans le Nord au Mali, la situation est cependant très différente au Nigeria.

Ce pays le plus peuplé d'Afrique, premier producteur de pétrole du continent, combat Boko Haram dans sa forme actuelle depuis 2010, mais on en sait très peu sur la structure de ce groupe et sur ceux qui le dirigent, leurs revendications ayant déjà changé plusieurs fois.

Les islamistes nigérians se sont concentrés jusqu'à présent sur leur pays, tuant des chrétiens et prenant pour cible des symboles du pouvoir au cours de fusillades et d'attentats. Ils n'ont pas le contrôle d'une partie du territoire comme c'est le cas au Mali.

De plus, Boko Haram est divisé en plusieurs factions et des bandes criminelles se font passer pour lui. On pense également que le mouvement dispose de complicités dans le monde politique.

Néanmoins, le chef de la faction principale de Boko Haram, Abubakar Shekau, a exprimé récemment son soutien pour les jihadistes dans le monde.

Un ou plusieurs groupes dissidents de l'organisation sont soupçonnés d'être derrière les enlèvements de ressortissants français, italiens, britanniques et allemands dans le nord du Nigeria, une tactique largement utilisée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

"Nous avons des indications très claires d'une collaboration entre les différentes organisations" jihadistes, a déclaré récemment le général Carter Ham, chef du commandement américain pour l'Afrique, en faisant référence aux groupes extrémistes sur le continent africain.

"Nous pensons que Boko Haram reçoit un soutien financier et probablement des entraînements et des explosifs, de la part d'Aqmi, et la relation va dans les deux sens", a-t-il ajouté. Le général Azubuike Ihejerika, chef de l'armée de Terre, a aussi évoqué jeudi des informations selon lesquelles des membres de Boko Haram se seraient entraînés au Mali.

Les experts débattent du niveau de coopération entre Boko Haram et les groupes proches d'Aqmi.

Certains ont aussi évoqué la présence de combattants de Boko Haram au Mali ces derniers mois, mais il est très difficile de déterminer s'il s'agit bien de membres du groupe nigérian et non de mercenaires.

Des Africains qui avaient combattu en Libye aux côtés de Mouammar Kadhafi se sont notamment retrouvés dans le nord du Mali, selon des experts, et des armes illégales ont pris le même chemin.

"Des Noirs Africains qui travaillaient en Libye ont quitté la Libye (. . . ), on peut imaginer le fait de partiper à un groupe armé comme une opportunité financière", selon Gilles Yabi, directeur du projet Afrique de l'Ouest pour l'International Crisis Group.

Mais la nature nébuleuse de Boko Haram rend plausible la présence de certains de ses membres aux côtés des combattants du nord du Mali.

"Je ne serais pas surprise si certains des membres les plus radicaux de Boko Haram avaient pris les armes (au Mali)", estime Virginia Comolli, de l'Institut international d'études stratégiques basé à Londres.

Les Etats -nis ont référencé trois islamistes nigérians sur la liste des "terroristes à l'échelle mondiale", mais Boko Haram n'y figure pas, en tant que tel, notamment parce que le groupe reste toujours focalisé sur le Nigeria, et que sa nature reste floue.

Avec la guerre au Mali, certains s'inquiètent du risque que d'éventuels combattants islamiques nigérians au Sahel feraient peser sur le pays à leur retour au pays.

"Une fois rentrés au Nigeria, ils pourraient ramener avec eux de nouvelles perspectives", pense Mme Comolli.

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