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13/12/2012 à 12:29
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Gabon: l'hôpital Schweitzer, bientôt centenaire, teste un vaccin anti-paludisme Gabon: l'hôpital Schweitzer, bientôt centenaire, teste un vaccin anti-paludisme © AFP

Cent ans après l'arrivée d'Albert Schweitzer à Lambaréné (250 km de Libreville), des chercheurs de l'hôpital fondé par le médecin alsacien s'activent pour mettre au point un vaccin contre le paludisme, maladie qui tue environ 650. 000 personnes chaque année, surtout en Afrique.

Sur les rives du fleuve Ogooué envahies par les moustiques, l'hôpital Schweitzer accueille de nombreux malades frappés par la fièvre paludique à quelques dizaines de mètres des vieux bâtiments où le pasteur français, prix Nobel de la paix en 1952, a soigné des malades pendant plus de 50 ans.

La partie ancienne a été transformée en musée quelque peu poussiéreux à la gloire du "Grand Blanc de Lambarené", dont la tombe fait face au fleuve. En face de l'hôpital actuel, un petit bâtiment blanc aux allures de dispensaire: le centre de recherches.

Les chercheurs espèrent mettre au point un vaccin contre le paludisme, en collaboration avec le géant pharmaceutique GlaxoSmithKline et l'ONG américaine PATH (en partie financée par la fondation Bill et Melinda Gates).

"C'est le vaccin contre le paludisme le plus avancé à l'heure actuelle", assure José Fernandez, chercheur à l'hôpital Schweitzer. Ce serait une première mondiale, alors que depuis plus de quarante ans, de nombreux scientifiques à travers le monde se sont heurtés au casse-tête du Plasmodium et à sa résistance graduelle aux médicaments découverts pour le combattre.

Environ 16. 000 enfants dans sept pays africains participent, dans le cadre du projet GlaxoSmithKline/PATH, à un essai clinique dit de +phase trois+, "la dernière étape avant la mise sur le marché", explique le Dr Fernandez.

A Lambarené, les médecins ont effectué des tests sur près de 900 enfants. Personnels gabonais, allemands, ou encore américains en blouse blanche s'affairent autour de gros tubes à essai remplis de plasma, qu'il faut agiter régulièrement.

"On regarde les taux d'immunoglobuline (anticorps) dans leur sang avant et après le vaccin, (. . . ) et on essaie de mesurer la dynamique des réponse immunitaires pour voir si le vaccin marche ou pas", explique le Dr Akim Adegnika, co-directeur du centre de recherche de Lambaréné.

Toutefois, après de premiers résultats très encourageants, le vaccin baptisé RTS,S, s'est avéré moins efficace que prévu chez les nourrissons.

Les tests effectués sur des bébés de 6 à 12 mois, et dont les résultats ont été communiqués en novembre, ont montré que le vaccin était efficace à 31% pour les accès simples de malaria, et à 37% pour les accès grave.

"On pouvait s'attendre à des résultats un peu différents", reconnaît le Dr Fernandez. L'année dernière, les tests effectués sur des enfants de 5 à 17 mois affichaient un taux de réussite de 47% à 56%.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà indiqué qu'elle formulerait une recommandation sur ce vaccin potentiel en 2015 en cas de résultats satisfaisants.

Pour le Dr Fernandez, même avec une efficacité limitée, "on influencerait forcément le chiffre de mortalité globale lié au palu chez les enfants de moins de cinq ans puisque ce sont malheureusement les premières victimes".

"Le vaccin doit de toute façon être intégré dans un arsenal plus vaste, il y a tout un tas de moyens de protection comme la moustiquaire imprégnée", précise le médecin.

Au Gabon, le paludisme est l'une des principales causes de mortalité, avec un taux d'hospitalisation (dû au paludisme) proche de 70%.

Une centaine de personnes travaillent au centre de recherche de l'hôpital Schweitzer sur le paludisme, mais aussi sur la tuberculose et les maladies infectieuses endémiques.

Si certains critiquent aujourd'hui son héritage et une attitude paternaliste, le Dr Schweitzer reste un symbole. Célèbre dans le monde entier et notamment dans les milieux anglo-saxons, il avait débarqué à Lambaréné avec sa femme en 1913. Jusqu'à sa mort en 1965, il a soigné des milliers de patients africains, et a même créé une léproserie qui existe encore, à quelques pas de l'hôpital général.

Né en Alsace alors annexée par l'Empire allemand, Albert Schweitzer était devenu français après la Première Guerre mondiale. En juillet, de nombreuses festivités sont prévues pour célébrer le centenaire de l'hôpital et son fondateur.

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