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24/11/2012 à 10:48
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Maroc: un an après, les défis restent entiers pour le gouvernement islamiste Maroc: un an après, les défis restent entiers pour le gouvernement islamiste © AFP

Un an après son triomphe électoral dans le sillage du Printemps arabe, les défis restent entiers pour le gouvernement islamiste du Maroc, qui doit notamment gérer une situation économique dégradée et une grogne sociale persistante menaçant sa popularité.

Le 25 novembre 2011, porté par le souffle des révoltes arabes, le Parti justice et développement (PJD), cantonné dans l'opposition depuis des décennies, remportait un succès historique aux législatives.

En janvier, son leader, Abdelilah Benkirane, accédait au poste de chef de gouvernement avec pour acquis la nouvelle constitution, initiée par le roi et adoptée six mois plus tôt, lui attribuant des pouvoirs renforcés.

Un an après, le gouvernement emmené par le PJD --constitué d'alliés dont l'Istiqlal (nationaliste)-- doit en premier lieu faire face à une conjoncture difficile: habitué à des taux de 4-5%, le Maroc enregistrera en 2012 une croissance inférieure à 3%. Ce ralentissement pèse sur les comptes publics, alors que le déficit a dépassé 6% l'an dernier.

Cette morosité est en bonne part une conséquence de la crise de la zone euro ainsi que d'une dernière campagne agricole victime de la sécheresse. "Les contraintes sont fortes", confirme l'économiste Dris Benali.

Mais le gouvernement n'échappe pas aux critiques. La plus cinglante est venue du patronat, sur le projet de budget 2013, objet d'âpres débats au Parlement.

Pour l'économiste Najib Akesbi, "le programme électoral promettait des réformes" mais on reste "dans le domaine des intentions". M. Benali évoque, lui, "un pilotage à vue".

"Les décisions prises au niveau économique sont claires", rétorque le ministre de la Communication, Mustapha Khalfi.

L'objectif de réduire le déficit public à 5% à la fin 2012 sera tenu et, dans le domaine social, "les réalisations sont nombreuses, avec un impact direct sur la vie des Marocains", dit à l'AFP le porte-parole du gouvernement.

"Le roi, c'est mon chef"

L'un des gros morceaux reste la réforme de la caisse de compensation --qui subventionne à grand frais des produits de première nécessité ou l'essence--, mais aussi la lutte contre la corruption, un cheval de bataille du parti islamiste. Plusieurs organismes ont tiré la sonnette d'alarme. Abdelilah Benkirane a estimé que ce combat réclamait "du temps".

Pour l'heure, le parti reste populaire, comme en atteste les succès aux législatives partielles d'octobre (3 sièges sur 4), estime le politologue Mohammed Madani. Mais "il y a énormément d'attentes non comblées" et des sympathisants PJD commencent eux-mêmes à critiquer, poursuit-il.

Dans la rue, les manifestations sont coutumières, tel les diplômés chômeurs dans un pays où le chômage des jeunes avoisine 30%, d'après la Banque mondiale.

Un mécontentement existe aussi sur les droits de l'Hommme malgré les progrès relevés par l'UE et la venue de rapporteurs de l'ONU à l'invitation du royaume.

"Certaines choses ont été introduites dans la constitution, mais ça n'est sûrement pas suffisant pour parler d'état de droit", affirme un responsable d'une importante organisation marocaine, citant l'emprisonnement de militants du 20-Février, mouvement qui réclame plus de démocratie et de justice sociale.

Certaines manifestations, dont celles en lien avec l'institution royale (cérémonie d'allégeance, budget), ont été dispersées par la force.

La répartition des pouvoirs entre gouvernement et Palais n'échappe pas à des débats, selon les interprétations de la nouvelle constitution.

Qualifié de "prince rouge", Moulay Hicham, le cousin du roi, a récemment déploré que le PJD soit "relégué à des tâches (. . . ) subalternes", selon lui.

La démocratie avance "à petit pas" mais de "façon sûre", a clamé Abdelilah Benkirane, tranchant la question d'une "cohabitation" au sommet: "le roi, c'est le chef de l'Etat et le chef du conseil des ministres", "donc c'est mon chef".

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