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22/11/2012 à 09:50
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Egypte: Morsi renforcé par la trêve à Gaza mais pas au bout de ses peines Egypte: Morsi renforcé par la trêve à Gaza mais pas au bout de ses peines © AFP

Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi sort renforcé de ses efforts cruciaux pour un cessez-le-feu à Gaza, salués par la communauté internationale, mais la fragilité de la situation menace son difficile exercice d'équilibriste entre Israël et les Palestiniens, estiment des analystes.

Le concert de félicitations venu de Washington, Paris, Bruxelles ou de l'ONU s'est dans le même temps accompagné de souhaits pressants que ce succès débouche sur une solution "durable".

Signe des incertitudes qui pèsent encore, M. Morsi a en toute dernière minute annulé un déplacement très attendu pour un sommet des pays musulmans émergents ("D8") à Islamabad jeudi, invoquant la nécessité de suivre personnellement la situation à Gaza.

L'équation est complexe pour M. Morsi, qui veut à la fois se démarquer de son prédécesseur Hosni Moubarak, très critiqué dans l'opinion égyptienne pour sa politique jugée trop conciliante avec Israël, et maintenir le crédit de médiateur que l'Egypte a héritée de ses accords de paix conclus en 1979 avec l'Etat hébreu.

Les Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, sont de surcroît historiquement très proches du Hamas au pouvoir à Gaza, et l'opinion égyptienne est massivement en sympathie avec la cause palestinienne.

"Ce n'est plus l'Egypte d'avant. Le gouvernement est désormais élu et il doit rendre des comptes au peuple" contrairement au régime autocratique de M. Moubarak renversé en février 2011, souligne un responsable à la présidence égyptienne, sous couvert de l'anonymat.

"Le cessez-le-feu premier test pour le président islamiste"

Le cessez-le-feu à Gaza "était le premier grand test pour M. Morsi, et il s'en tire bien. Il a mené la négociation de manière équilibrée", estime quant à lui El-Sayyed Amine Shalabi, qui dirige le Conseil égyptien des Affaires étrangères, un centre d'études.

"Auparavant la pression égyptienne se faisait sur le Hamas. Moubarak était utilisé par les Israéliens pour cela", relève de son côté l'éditorialiste et politologue égyptien Hassan Nafaa.

"Morsi en revanche a su habilement utiliser ses relations avec le Hamas pour parvenir à réaliser l'objectif primordial de l'Egypte, qui est un arrêt des violences" dans une région à sa frontière, souligne-t-il.

Mais la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, présente au Caire pour l'annonce du cessez-le-feu, a quant à elle préféré replacer implicitement l'action de M. Morsi dans la longue tradition héritée des présidents Anouar el-Sadate et Moubarak, de fermes alliés de Washington.

"Le nouveau gouvernement égyptien assume la responsabilité et le leadership qui font depuis longtemps de ce pays une pierre angulaire de la paix et de la stabilité dans la région", a-t-elle déclaré en rendant un hommage appuyé au président islamiste.

Certains experts relèvent toutefois que le climat des relations israélo-égyptiennes n'est plus marqué par la même confiance qu'autrefois.

M. Morsi a employé un rhétorique virulente contre l'opération israélienne --qualifiée "d'agression flagrante contre l'humanité"-- et le Premier ministre Benjamin Netanyahu a visiblement subi de fortes pressions américaines pour se rallier à l'accord proposé par l'Egypte, relève Moustafa Kamel el-Sayyed, de l'Université du Caire.

"On peut se demander quelle sera à terme la réaction de M. Netanyahu à un cessez-le-feu, qui apparaît comme un échec pour lui puisqu'il n'a pas réalisé ses objectifs militaires", estime-t-il.

Les efforts de M. Morsi, qui a promis d'oeuvrer à l'amélioration des conditions de vie à Gaza, seront aussi jaugés à l'aune d'un allègement effectif du blocus de l'enclave palestinienne évoqué dans l'accord de cessez-le-feu.

Faute d'avancée vers un règlement durable du conflit, les effort du président islamiste pourraient en définitive apparaître aussi peu substantiels que ceux de M. Moubarak, estime M. el-Sayyed.

"On peut se demander si la base politique de M. Morsi, les Frères musulmans, est prête à se satisfaire d'un accord si en fin de compte il rappelle ce qui se faisait sous M. Moubarak", estime-t-il.

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