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21/11/2012 à 08:28
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Soudan: Khartoum bloque le redémarrage du brut sud-soudanais Soudan: Khartoum bloque le redémarrage du brut sud-soudanais © AFP

Le président sud-soudanais, Salva Kiir, a affirmé que le redémarrage prévu de la production pétrolière de son pays, vitale pour l'économie de la jeune nation, est bloqué suite à de nouvelles exigences du Soudan, par lequel le brut transite.

Selon M. Kiir, qui s'exprimait mardi lors du lancement de la construction d'une raffinerie dans l'Etat sud-soudanais du Haut-Nil (nord-est), Khartoum demande à Juba de condamner une rébellion active dans le sud du Soudan et qui combattait aux côtés des actuels dirigeants sud-soudanais au temps de la guerre civile soudanaise Nord-Sud.

"Nous étions censés reprendre la production de pétrole le 15 novembre," a dit M. Kiir devant une foule rassemblée pour l'occasion, "Khartoum cherche un prétexte pour ne pas reprendre".

Khartoum accuse régulièrement Juba de soutenir les rebelles de la branche Nord du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM-N) dans les Etats soudanais du Nil-Bleu et du Kordofan-Sud, qui abrite les montagnes du Nuba, non loin de la frontière entre les deux pays.

Juba et les rebelles réfutent ces accusations, auxquelles plusieurs analystes donnent pourtant du crédit.

Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Al-Obeid Meruh, a indiqué à l'AFP que Khartoum avait fait savoir par lettre à Juba être prêt à recevoir le pétrole sud-soudanais.

Mais, a-t-il dit, une récente réunion technique entre les deux pays a montré que la sécurité dans les zones frontalières restait problématique et faisait encore peser des risques sur la reprise de la production de pétrole.

"Quand les techniciens des deux pays se sont rencontrés à Khartoum, ils ont confirmé que si la production de pétrole repartait et qu'elle devait s'arrêter pour des raisons de sécurité, cela entraînerait d'importantes pertes pour les deux pays", a expliqué le ministre soudanais.

Le Soudan du Sud, qui tire 98% de ses recettes du pétrole, avait décidé en janvier de stopper net sa production, accusant le Soudan voisin de lui voler du brut.

En accédant à l'indépendance en juillet 2011, le Soudan du Sud a hérité de la grande majorité des réserves du Soudan d'avant la partition. Mais il reste tributaire des infrastructures du Nord pour exporter son pétrole.

Pendant des mois après la proclamation de la partition, le Soudan et le Soudan du Sud ont tenté de se mettre d'accord sur les frais de passage à payer par Juba. En vain. Khartoum a alors décidé de se payer en nature en prélevant du pétrole à son passage dans ses oléoducs. A la fureur de Juba qui a préféré couper ses vannes.

Les commentaires de M. Kiir posent des questions sur la pérennité d'un accord signé en septembre entre les deux parties, après des mois de pression internationale sur fond de craintes d'une reprise d'un conflit ouvert entre Juba et Khartoum après des combats frontaliers entre fin mars et début mai.

Cet accord incluait aussi un volet sécuritaire.

Mardi, M. Kiir s'est aussi montré pessimiste sur la possibilité de respecter le délai de début décembre donné par l'Union africaine aux deux anciens ennemis pour régler le dossier d'Abyei, une région frontalière que Khartoum et Juba se disputent.

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