Extension Factory Builder
21/11/2012 à 07:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
RDC : les rebelles contrôlent Goma, l'ONU demande des sanctions RDC : les rebelles contrôlent Goma, l'ONU demande des sanctions © AFP

Les rebelles du M23 ont pris mardi le contrôle de Goma, capitale régionale de la riche région minière du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une ville réoccupée pour la première fois depuis sa conquête en 1998 par des rebelles pro-rwandais.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a soutenu mardi à l'unanimité une résolution appelant à des sanctions contre deux chefs du M23, Innocent Kaina et Baudouin Ngaruye.

La résolution, proposée par la France, demande également aux pays étrangers qui soutiennent le M23 de mettre fin à leur soutien aux rebelles. Le Rwanda notamment est visé même si ses dirigeants nient toutes implication dans le conflit.

Les Etats-Unis, longtemps alliés du Rwanda dans la région des Grands Lacs, ont eux condamné "la violation de la souveraineté de la RDC" et appelé Kigali à "amener le M23 à se retirer et faire en sorte qu'il ne bénéficie plus de soutien extérieur".

Le Rwanda a lui pris acte de la chute de Goma et demandé au gouvernement congolais de négocier avec les rebelles.

Le M23 n'a guère rencontré de résistance de l'armée qui s'est regroupée à Saké, à une vingtaine de km au sud-est, selon plusieurs témoignages, et Goma semblait calme dans l'après-midi, a constaté l'AFP.

Le M23 "contrôle la ville de Goma et poursuit l'ennemi (. . . ) en débandade", a proclamé peu après midi le porte-parole du M23, le colonel Viannay Kazarama. Il a demandé à tous les militaires et policiers congolais en poste dans la ville de se rendre.

Le chef militaire rebelle, Sultani Makenga, est ensuite entré avec une escorte. Cet officier qui avait fait défection de l'armée en mai pour créer le M23 est accusé "d'horreurs à grande échelle (. . . ) contre les civils", par Washington qui l'a placé sur une liste noire de personnes sanctionnées.

Le président congolais Joseph Kabila a lui demandé à tous les Congolais de se mobiliser pour "défendre leur souveraineté" contre l'agression.

Kigali, qui dément soutenir le M23, a appelé le gouvernement congolais à un "dialogue politique" direct avec les rebelles, des négociations avec toute l'opposition déjà exigées par les rebelles lundi mais auxquelles Kinshasa s'est jusqu'ici refusé.

"Ce qui s'est passé aujourd'hui à Goma montre clairement que l'option militaire (. . . ) a échoué et que le dialogue politique" est la seule option, a affirmé la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

Joseph Kabila s'est rendu mardi après-midi à Kampala, pour discuter de la crise avec le président ougandais Yoweri Museveni et les autres Etats de la région des Grands Lacs. L'Ouganda a aussi été mis en cause par l'ONU pour son aide au M23. Le président rwandais Paul Kagamé est également présent à Kampala.

La France a réclamé une révision du mandat des 17. 000 Casques bleus déployés en RDC. "Déployer 17. 000 hommes et fixer un mandat qui ne permet pas d'intervenir, c'est absurde", a insisté le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

A Goma, l'ambiance s'est détendue dans l'après-midi: les habitants ont recommencé à apparaître dans les rues alors que les soldats du M23 circulaient sans incident. La ville ne portait pas de traces de destruction. Mais 37 personnes blessées par balles, dont 12 enfants, étaient soignées à l'hôpital Heal Africa.

Les rebelles ont aussi pris le contrôle des deux postes-frontières avec la ville rwandaise voisine de Gisenyi, a constaté l'AFP.

Goma avait déjà été occupée à deux reprises en 1996 et 1998 par des rébellions, appuyées par le Rwanda. En 2008, une autre rébellion, menée par Laurent Nkunda, s'était arrêtée aux portes de la ville après avoir défait l'armée.

Les nouveaux combats de ces derniers jours ont provoqué d'importants mouvements de population et notamment la fuite de populations déplacées, désormais affamées, selon Médecins sans Frontières. "Il y a urgence car cela représente plus de 100. 000 déplacés, sans aucun abri, sans accès à l'eau, sans aucune nourriture et une partie d'entre eux sont porteurs de choléra", a souligné le Marcela Allheimen, responsable de MSF à Paris.

L'ONU a par ailleurs accusé les rebelles d'avoir enlevé des femmes et des enfants.

Le M23 a été créé début mai par des militaires, qui après avoir participé à la rébellion de Laurent Nkunda, ont intégré l'armée congolaise en 2009, à la suite d'un accord de paix. Ils se sont mutinés en avril, arguant que Kinshasa n'avait pas respecté ses engagements. Ils refusent notamment d'être mutés dans d'autres régions, ce qui les éloignerait de leur zone d'influence dans l'est.

Les provinces des Nord et Sud-Kivu sont le théâtre de conflits quasiment ininterrompus depuis le début des années 1990, en raison de leurs richesses en ressources minières et agricoles, que se disputent le gouvernement congolais, divers mouvements rebelles et les pays voisins, l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Dernière Minute

Toutes les dépèches