La justice poursuivait vendredi la saisie d'innombrables biens dans l'hôtel particulier parisien du président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema dans l'affaire dite des "biens mal acquis", a-t-on appris de sources proches de l'enquête.
Entamée mardi, les enquêteurs poursuivaient vendredi après-midi leur travail de recensement et de saisie de mobiliers de prestige et de biens précieux comme des grands crus (Petrus, Romanée Conti. . ) d'une valeur de plusieurs milliers d'euros la bouteille, selon l'une des sources.
Le travail des enquêteurs pourrait encore se poursuivre la semaine prochaine pour une perquisition d'une durée probablement "record", a-t-on ajouté.
Cet immeuble était jusqu'en octobre dernier la propriété personnelle du président equato-guinéen mais il a depuis été vendu à l'Etat de Guinée équatoriale, a précisé la défense du président Nguema.
Dans cette propriété de cinq étages de l'avenue Foch (XVIeme arrondissement) de plusieurs milliers de m2, les enquêteurs sont tombés sur "une caverne d'Ali Baba". Ils ont par exemple saisi une horloge d'une valeur de trois millions d'euros, selon une autre source proche de l'enquête.
Selon le journal Le Parisien, cet hôtel particulier de 101 pièces, est évalué à plus de 500 millions d'euros et le coût de l'ensemble du mobilier pourrait dépasser les 40 millions d'euros.
Les juges Roger Le Loire et René Grouman enquêtent depuis décembre 2010 sur les conditions dans lesquelles trois chefs d'Etat africains, Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema et le défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba, ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France.
L'enquête a récemment été élargie à de possibles acquisitions réalisées par les chefs d'Etat et leurs proches après le dépôt de la plainte en 2008 par l'ONG Transparency International France.
Le fils de M. Obiang a ainsi acquis des oeuvres d'art lors de la vente de la collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé en février 2009 pour 18,35 millions d'euros.
La Guinée équatoriale a exprimé jeudi sa "totale indignation" devant ce qu'elle estime être une "illégitime persécution".
Selon l'avocat du président guinéen, Me Olivier Pardo, cet immeuble est protégé par une immunité diplomatique car il "appartient à l'Etat équato-guinéen et non à la présidence", le changement de propriété étant intervenu en octobre.
"Cet appartement relève du droit commun", avait réagi mardi le Quai d'Orsay.
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