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02/02/2012 à 21:55
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Nigeria: six morts et des explosions de bombes artisanales dans le nord-est Nigeria: six morts et des explosions de bombes artisanales dans le nord-est © AFP

Six personnes ont été tuées jeudi dans un règlement de comptes présumé entre membres du groupe islamiste Boko Haram à Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, où des explosions ont retenti sans faire de victime, a-t-on appris auprès de l'armée.

Ces violences surviennent au lendemain de l'arrestation du porte-parole présumé de Boko Haram et alors que le pays est sans cesse secoué par des violences meurtrières attribuées aux islamistes.

Dans un quartier nord de Maiduguri, six personnes ont été tuées, a indiqué à l'AFP Hassan Mohammed, porte-parole de la force spéciale (JTF) déployée dans cette ville où le groupe a sa base.

"Les premiers éléments d'enquête indiquent que les six morts pourraient avoir été tués par des personnes soupçonnées d'être comme elles des membres de Boko Haram", a-t-il dit.

"Cette tuerie pourrait être le résultat de divisions au sein des membres de la secte", a ajouté M. Mohammed.

Egalement à Maiduguri, une série d'explosions de bombes artisanales a retenti dans la matinée. "Aucune victime n'a été rapportée", a affirmé le porte-parole.

Un habitant a indiqué avoir compté cinq déflagrations. "Heureusement, personne n'a été blessé car les bombes ne visaient rien de particulier. Elles avaient juste été déposées au bord de la route et cela s'est produit tôt, alors que le couvre-feu était toujours en vigueur, donc tout le monde était à l'intérieur".

Mercredi soir, des sources sécuritaires ont signalé que le porte-parole présumé de Boko Haram, qui s'est régulièrement exprimé sous le pseudonyme Abul Qaqa, notamment pour revendiquer des attaques, avait été arrêté. Il était interrogé jeudi dans la capitale fédérale Abuja.

Les autorités n'ont pas confirmé officiellement sa détention.

"Il subit un interrogatoire", a déclaré jeudi matin une source sécuritaire ayant requis l'anonymat.

Abul Qaqa a plusieurs fois organisé des conférences par téléphone avec des journalistes à Maiduguri. La presse rapportait jeudi qu'il avait été localisé par GPS.

Le président sous pression

Boko Haram multiplie depuis des mois les attaques sanglantes contre des cibles variés : police, armée, Nations unies, églises.

La dernière grande opération revendiquée par Abul Qaqa a été une série d'assauts menés le 20 janvier à Kano, la principale métropole du nord, visant essentiellement des commissariats de police. Cette attaque, la plus meurtrière jamais revendiquée par les islamistes, a fait 185 morts.

Le nouveau chef de la police Mohammed Abubakar s'est rendu jeudi à Kano, où il a visité les commissariats ciblés et dit envisager de déployer davantage de policiers dans la ville.

Le président Goodluck Jonathan, sous forte pression pour mettre fin au cycle de violences qui menace de déstabiliser le pays le plus peuplé d'Afrique et premier producteur de pétrole du continent, avait limogé le 25 janvier le responsable de la police Hafiz Ringim.

Boko Haram est responsable, selon Human Rights Watch, de la mort de près d'un millier de personnes depuis 2009.

Ses attaques se sont concentrées dans le nord et beaucoup de ses victimes sont de confession musulmane. Les 160 millions de Nigérians se partagent également entre le nord, majoritairement musulman, et le sud, à dominante chrétienne.

Beaucoup s'interrogent sur de possible liens entre Boko Haram et d'autres groupes extrémistes, comme la branche maghrébine d'Al-Qaïda, Aqmi.

Fin janvier, un rapport de l'ONU a souligné que les membres d'une mission onusienne chargée d'évaluer l'impact de la crise libyenne au Sahel "ont appris que Boko Haram avait noué des liens avec Aqmi et que certains de ses membres du Nigeria et du Tchad avaient été formés dans les camps d'Aqmi au Mali pendant l?été 2011".

Des analystes soulignent toutefois que Boko Haram est avant tout une question nigériane, et les revendications du groupe ont jusqu'à présent concerné le Nigeria.

Ils jugent aussi que la violence est en grande partie alimentée par la pauvreté dans le nord, où de nombreux jeunes sans emploi ont perdu confiance dans des autorités jugées très corrompues.

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