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17/06/2010 à 09:31
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RDCongo: fin de mission des casques bleus sénégalais, fiers d'avoir 'tout donné' RDCongo: fin de mission des casques bleus sénégalais, fiers d'avoir "tout donné" © AFP

"On a tout donné pour eux. Je souhaite que la paix revienne" en RD Congo, assure le casque bleu sénégalais Yves Kanfala, "heureux" de quitter définitivement ce pays dans le cadre du retrait progressif de l'ONU entamé mercredi à Kisangani, dans le nord-est.

La cérémonie d'adieu fut brève et sobre. Un seul discours, celui du patron de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), Alan Doss, a marqué cette journée, mais pour le filiforme soldat de 1ère classe Yves Kanfala, elle aura été chargée "d'émotion".

"Ca fait 15 mois que je suis là. Ca fait vraiment plaisir de rentrer dans mon pays", dit-il, capturant ses derniers souvenirs à l'aide de son téléphone portable, avant de rejoindre ses compagnons dans une longue file, prêts à embarquer pour le Sénégal.

Par deux vagues de 115, 230 premiers Casques bleus sénégalais ont quitté la RDC, conformément à une décision du Conseil de sécurité autorisant le retrait d'un maximum de 2. 000 soldats d'ici au 30 juin -date du cinquantenaire de l'indépendance de l'ex-Congo belge-, comme l'avaient réclamé les autorités congolaises.

Présente depuis 1999 dans ce vaste pays d'Afrique centrale, la Monuc est la plus importante mission de l'ONU dans le monde, avec quelque 20. 000 soldats, essentiellement déployés dans l'est, une région instable en raison de la présence de groupes armés toujours actifs.

"Toute décision de réduction supplémentaire de la force (. . . ) se fera sur la base d'évaluations conjointes avec le gouvernement congolais de la situation sécuritaire dans les territoires sensibles", a prévenu Alan Doss, alors que Kinshasa souhaite un retrait total d'ici fin 2011.

La Monuc, rebaptisée à compter de juillet Mission de l'ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco), sera chargée principalement de la protection des civils selon ses nouvelles attributions.

Dans la file d'attente, le visage dégoulinant de sueur, le soldat Pape Sérigne Jaye cache à peine son excitation, après avoir rangé sa kalachnikov dans une camionnette.

"Franchement mon pays m'a beaucoup manqué", lâche le jeune militaire, béret bleu sur la tête frappé de l'écusson des Nations unies, écharpe de même couleur autour du cou.

Pape Sérigne Jaye se dit "satisfait" de ses 16 mois passés dans le nord-est de la RDC, notamment à Kisangani, chef-lieu de la province Orientale, où son bataillon de "dignes héritiers de tirailleurs sénégalais", selon l'expression du maître de cérémonie, était déployé.

Le chef de la Monuc a salué "la valeur du soldat sénégalais" et son "excellente contribution" pour le maintien de la paix dans cette province aussi vaste que la France, où la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) est accusée de commettre régulièrement des atrocités.

"Nous n'avons pas encore terminé notre travail. Avec les autres contingents, nous continuerons d'oeuvrer pour la paix", a déclaré M. Doss lors de la cérémonie dans l'enceinte de l'aéroport de Kisangani.

Pour l'adjudant Philippe Tamba, "c'est la satisfaction du devoir accompli et la joie de retrouver (sa) famille", même s'il dit avoir déjà "la nostalgie" de la RDC.

Le gouverneur de la province, Médard Autsaï, affirme que "la relève sera assurée par les FARDC (Forces armées de la RDC)", dont quelques uns ont regardé, une lueur d'admiration dans les yeux, leurs frères d'armes sénégalais embarquer dans le Boeing des Nations unies.

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