La commission électorale par intérim du Kenya doit organiser d'ici au 6 août un référendum constitutionnel, l'une des réformes majeures décidées après les violences post-électorales meurtrières de fin 2007-début 2008.
Le procureur général du Kenya, chargé de veiller à la mise en forme du texte qui sera soumis à référendum, a remis officiellement le document à la commission électorale qui dispose à présent de 90 jours pour organiser un référendum, lors d'une cérémonie diffusée en direct à la télévision.
Ce projet de nouvelle constitution conserve un régime présidentiel mais le tempère d'importants garde-fous qui constituent autant de nouveautés par rapport au texte en vigueur qui remonte à l'indépendance de 1963.
Il supprime en outre le poste de Premier ministre, une fonction créée en 2008 à la faveur de l'accord de partage du pouvoir signé pour mettre fin aux violences post-électorales.
Le président Mwai Kibaki et son principal rival à l'élection de fin 2007 Raila Odinga avaient signé un accord de partage du pouvoir en février 2008, au terme duquel M. Kibaki gardait la présidence et M. Odinga était nommé Premier ministre.
Cet accord, signé alors que les violences politico-ethniques ayant suivi la réélection controversée de M. Kibaki avaient fait environ 1. 500 morts, prévoyait l'adoption de réformes cruciales, dont une nouvelle constitution.
Les deux leaders, fait rare, font actuellement front commun pour défendre le "oui" face notamment à une grande partie des autorités religieuses catholiques et protestantes.
Ces dernières s'opposent à un article autorisant l'avortement thérapeutique, lorsque la vie de la mère est en danger, ainsi qu'au maintien de tribunaux islamiques familiaux, les Khadis, chargés de régler des différends familiaux (mariage, divorce, héritage) entre musulmans exclusivement.
Un récent sondage donnait 63% d'intentions de vote en faveur du "oui".
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