Des pirates somaliens ont libéré jeudi un bateau de pêche taïwanais, capturé en avril 2009 dans l'océan Indien et dont trois membres d'équipages sont décédés de maladie pendant une "horrible détention", a annoncé à Nairobi une ONG locale, Ecoterra international.
Le FV WIN FAR 161, navire spécialisé dans la pêche au thon, a été remis en liberté avec 27 membres d'équipage "pour une rançon relativement modeste", indique dans un communiqué Ecoterra International, organisation environnementaliste qui traite également des questions de piraterie en Somalie.
L'équipage était initialement composé de 30 personnes: dix-sept Philippins, six Indonésiens, cinq Chinois et deux Taïwanais.
Trois marins, deux Indonésiens et un Chinois, sont "malheureusement morts de maladies, malnutrition, et manques de soins" pendant dix mois "d'horrible détention", affirme Ecoterra.
Les trente membres d'équipage "ont été abandonnés par les propriétaires du bateau et leurs gouvernements respectifs, malgré les supplications d'organisation humanitaire pour fournir au moins un peu de nourriture et d'eau potable" aux otages, accuse l'association.
Long de 56 mètres, le FV WIN FAR 161, propriété d'intérêts taïwanais, avait été capturé le 6 avril près de l'archipel des Seychelles par des pirates somaliens qui avaient alors utilisé un petit catamaran déjà entre leurs mains, le SY Serenity, pour aborder le navire.
Selon Ecoterra, le FV WIN FAR 161 avait été observé avant sa capture en train de pêcher illégalement le thon dans la zone économique exclusive somalienne.
Une fois capturé par les pirates, il a servi de bateau-mère pour mener plusieurs autres attaques dans l'océan Indien.
Endommagé par une riposte armée lors d'une tentative d'attaque, le navire a été mis à l'ancre successivement au large des localité de Garaad (dans la région autonome du Puntland), Hobyo et Harardere, puis de nouveau Garaad, selon Ecoterra.
Le navire est apparemment la propriété de la société Hsien Lung Yin, basée dans la ville de Kaohsiung (Taïwan), géré par la compagnie Win Jyi Fishery co. Ltd, qui envoie régulièrement ses navires pêcher le thon illégalement dans cette partie de l'océan Indien, pour ensuite revendre sa marchandise au Japon, affirme encore l'ONG.
"Le cas le plus horrible d'un bateau otage des pirates sur la côte somalienne semble donc être terminé", conclut Ecoterra.
Avec la remise en liberté du FV WIN FAR 161, 10 navires et près de 170 membres d'équipages restent actuellement aux mains des pirates somaliens.
Mardi, les pirates avaient libéré un cargo battant pavillon panaméen, capturé en octobre, en échange d'une rançon de plus de 3 millions de dollars.
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