Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé vendredi le "harcèlement" du groupe de presse privé nigérien Dounia, au lendemain de l'inculpation de son patron pour "propagation de fausses nouvelles" après un débat sur la récente visite de Nicolas Sarkozy au Niger.
"Le groupe Dounia fait l'objet de harcèlement de la part des autorités judiciaires. Il ne devrait pas être tenu pour responsable des propos tenus sur son antenne", a indiqué l'organisation de défense des journalistes dans un communiqué.
"Nous demandons aux autorités l'abandon des charges qui pèsent sur Habibou Garba", directeur général de Dounia, poursuit RSF.
Le parquet de Niamey a inculpé jeudi M. Garba, ainsi qu'Idi Abdou, militant de l'organisation non gouvernementale Alternative espace citoyens, après la diffusion d'un débat sur la télévision Dounia portant sur l'exploitation de l'uranium nigérien par le groupe français Areva.
Selon le directeur adjoint de Dounia, Ali Idrissa, ces démêlés avec la justice font suite à la visite de quelques heures la semaine dernière à Niamey du président Sarkozy, qualifiée par Idi Abdou "d'escale technique et de pillage des ressources du Niger" lors du débat.
RSF dénonce les poursuites judiciaires "répétées" à l'encontre de Dounia et rappelle que ce groupe comparaîtra également le 14 avril devant les tribunaux dans le cadre d'une autre plainte en "diffamation" de députés nigériens.
Cette plainte fait suite à des déclarations critiques d'un chef de parti politique sur les antennes de Dounia, selon RSF.
En août 2008, les autorités nigériennes avaient suspendu pour une durée d'un mois toutes les émissions de Dounia au motif de "non respect des cahiers des charges".
Auparavant, elles avaient menacé de lui retirer son autorisation d'émettre après la diffusion d'images des forces de l'ordre dispersant des partisans de l'ex-Premier ministre Hama Amadou que la cour venait de placer sous mandat de dépôt.
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