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30/12/2008 à 21:29
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La junte au pouvoir en Guinée depuis le coup d'Etat du 23 décembre a nommé mardi un banquier, Kabiné Komara, comme Premier ministre et a poursuivi son offensive de charme à l'égard de la communauté internationale, dont elle a réclamé le soutien actif et la "compréhension".

"Est nommé Premier ministre, chef du gouvernement, Kabiné Komara, précédemment à la Banque Africaine d'Import Export (Afreximbank) en Egypte", établissement créé en 1993 pour favoriser le commerce entre les Etats africains, a indiqué la junte dans un communiqué.

Les syndicats à l'origine des grandes manifestations hostiles au président Lansana Conté en janvier-février 2007 avaient déjà proposé M. Komara au poste de Premier ministre. Mais le président Conté, décédé le 22 décembre à 74 ans après 24 ans de "règne" contesté, avait alors choisi Lansana Kouyaté.

Agé de 58 ans, homme de dossier réputé compétent, ce technocrate est peu connu du grand public en Guinée, qu'il a quittée il y a 13 ans pour travailler à l'Afreximbank en Egypte.

Dès son arrivée par "vol spécial" à Conakry, mardi après-midi, il a immédiatement déclaré qu'il adhérait aux "idéaux" des putschistes.

Mais une tâche immense l'attend: plus de la moitié des 10 millions d'habitants vit sous le seuil de pauvreté malgré les immenses richesses du sous-sol (bauxite, fer, diamants, or. . . ), en raison d'une corruption généralisée et d'une gestion calamiteuse.

Les putschistes ont rencontré mardi les émissaires de la communauté internationale, notamment les ambassadeurs des pays du G8, des représentants de l'ONU, du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque mondiale.

"C'est le moment d'en appeler à votre compréhension, à votre coopération et à votre collaboration pour réussir cette transition qui devrait aboutir à des élections réellement démocratiques", leur a dit le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara.

"Les sanctions internationales ou isolement de tout ordre ne sauraient être la solution aux problèmes actuels de la Guinée", a-t-il estimé.

"Encouragez-nous pour que le pays soit stable, pour ne pas que vous continuiez à dépenser vos sous pour rien. Si vous nous sanctionnez, qu'est-ce que cela va vous rapporter ? Vous aurez encore endurci le désespoir de la Guinée", a-t-il lancé.

"On a pris le pouvoir sans effusion de sang, vous devriez nous remercier pour cela".

Revenant sur la date des élections, le nouvel homme fort de Conakry a précisé que la date de 2010, promise par la junte, n'était "pas absolue". "Cela peut être dans six mois, huit mois, dix mois et au-delà. Ca dépendra du peuple de Guinée".

La communauté internationale estime que le délai de 2010 est trop long et fait pression pour la tenue du scrutin au premier semestre 2009.

L'Union africaine (UA) a suspendu lundi la Guinée des activités de l'organisation continentale jusqu'au "retour de l'ordre constitutionnel".

L'UA avait réaffirmé "sa détermination à prendre, en temps utile, toutes les autres mesures prévues (notamment les sanctions, ndlr) par la déclaration de Lomé pour hâter le retour à l'ordre constitutionnel".

En réaction, la junte a envoyé son numéro 2, le général Mamadouba Toto Camara en Guinée-Bissau et au Mali, premières étapes d'une tournée d'explication en Afrique de l'ouest. Le président sénégalais avait déjà appelé vendredi à soutenir les putschistes.

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