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DossierSénégal : à la recherche d'un second souffle

06/12/2013 à 14:13
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Au centre de protection maternelle  et infantile de la Médina, à Dakar. Au centre de protection maternelle et infantile de la Médina, à Dakar. © Sylvain Cherkaoui pour J.A.

Depuis le 1er octobre, les consultations médicales sont gratuites pour les enfants de moins de 5 ans au Sénégal. À court terme, 75 % de la population devraient bénéficier d'une protection sociale.

C'était l'une des grandes promesses de campagne de Macky Sall. Depuis le 1er octobre, la couverture maladie universelle (CMU) commence à se déployer. Elle cible dans un premier temps la petite enfance. Selon les autorités sanitaires - et même si d'importants progrès ont été réalisés -, le taux de mortalité s'élève encore à 72 pour 1 000 chez les enfants de moins de 5 ans. Pour ces derniers, les tickets de consultation, de vaccination et d'hospitalisation sont désormais gratuits dans tous les postes et centres de santé, ainsi que pour les urgences hospitalières. Dès janvier 2014, s'y ajoutera la gratuité de la prise en charge, incluant les médicaments.

L'objectif du Plan stratégique de développement de la CMU 2013-2017 est que 75 % de la population bénéficient d'une protection sociale en 2017, contre seulement 20 % aujourd'hui. Pour y parvenir, le dispositif mise avant tout sur le renforcement et la multiplication des mutuelles de santé communautaires, dont le nombre devrait passer de 250 à 500. Il ne rimera cependant pas avec gratuité, puisque chaque Sénégalais devra acquitter une cotisation annuelle de 7 000 F CFA (10,67 euros), subventionnée pour moitié par l'État - et en totalité en faveur des 20 % de ménages les plus pauvres.

Un travail de sensibilisation auprès de la population

Le dispositif sera financé par la Caisse autonome de protection sociale universelle (Capsu), qui sera mise en place au cours du premier trimestre 2014. Son financement repose principalement sur une enveloppe de l'État - soit 5 milliards de F CFA pour 2013 -, à laquelle s'ajouteront la collecte de primes, des prélèvements sur des activités à forte rentabilité, ainsi que des mécanismes innovants restant à définir. "Sur le plan du financement, nous en sommes encore au stade des projections, avec le souhait que l'État soit le principal bailleur", souligne le Pr Seydou Boubakar Badiane, coordonnateur de la cellule d'appui à la CMU au ministère de la Santé. "La hausse graduelle des ressources affectées à la CMU constituera un levier stra­tégique pour l'implication des bailleurs [AFD, Usaid, Banque mondiale...], mais, en même temps, il n'est pas souhaitable de trop compter sur les ressources de ces derniers", confirme Farba Lamine Sall, conseiller en économie de la santé à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"La priorité, c'est de s'approprier cette réforme, ce qui implique un véritable travail de sensibilisation auprès de la population", ajoute Amadou Kanouté, directeur exécutif de l'Institut pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev).

>> Lire aussi : des soins pour tous

La réforme implique aussi un montage institutionnel. "Elle nécessite une approche administrative. C'est une grave erreur de croire que le coût de la réforme se résume à celui des prestations !" répète Farba Lamine Sall. Le déploiement de la CMU exigera par ailleurs un effort en matière de gouvernance des mutuelles de santé : un financement de 1,7 milliard de F CFA leur a d'ores et déjà été affecté à cette fin.

D'autres inquiétudes portent sur la pérennité du dispositif. "Un tel projet ne peut pas rester au stade de vision. Il faut absolument le mettre à l'abri des contingences politiques en votant une loi", insiste Amadou Kanouté. "Sur le papier, la CMU est satisfaisante, mais le vrai problème, c'est l'inadéquation du plateau technique et le manque de personnel de santé", remarque quant à lui Farba Lamine Sall. Et l'obstacle est suffisamment identifié pour que, dans son discours du 20 septembre, Macky Sall ait demandé au ministère de la Santé de plancher sur un plan pluriannuel de mise à niveau des infrastructures sanitaires et de garantir un effort de recrutement pour le secteur. Surtout, il s'est engagé à ce que towutes les propositions de réforme des institutions de prévoyance maladie se concrétisent en 2014.

Les urgences de la CMU

Gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans.

Prise en charge forfaitaire du suivi des grossesses, des accouchements, césariennes et soins postnataux.

Renforcement des politiques de gratuité dans les structures publiques de santé en matière de vaccinations, dialyse, antirétroviraux, antipaludéens, antituberculeux, et de prise en charge des personnes âgées.

Développement de la télémédecine

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