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DossierMauritanie : sur un fil

18/01/2013 à 17:06
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Aminetou Mint Moctar est présidente de l'Association des femmes chefs de famille.

Nous sommes probablement à la veille d'un nouveau scrutin qui permettra à la Mauritanie d'avoir des élus suffisamment représentatifs de notre société. Il est en effet fort possible que des élections législatives, municipales et mêmes sénatoriales soient organisées au cours de cette année 2013. C'est l'occasion de dresser le bilan du cycle électoral qui s'achève, de se mobiliser pour préserver nos acquis et d'aspirer à avoir un grand nombre de femmes élues.

À l'issue des scrutins de 2006, l'Assemblée nationale comptait plus de 20 % de femmes, et les conseils municipaux près de 33 %. Certes, au vu de la situation antérieure, c'est un progrès. Mais nous sommes toujours en deçà du quota fixé pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Toutefois, ces avancées méritent d'être encouragées car elles sont le fruit du militantisme de femmes sûres de leurs droits légaux et inaliénables.

Mobilisation

En ce qui concerne les mandats électifs, nous avons parcouru une partie du chemin qui mène à la parité hommes-femmes. Par contre, pour les postes administratifs, nous avons connu un recul inacceptable. Il n'y a plus de femmes ambassadrices, walis [gouverneur, NDLR] ou hakem [préfet] en Mauritanie. Si nous voulons atteindre nous aussi la parité, nous devons réviser la loi réglementant le quota réservé aux femmes, mais à condition de préserver nos acquis et de garantir l'accroissement du nombre de femmes élues.

La mobilisation amorcée par les différents plaidoyers pour la participation politique des femmes permettra d'atteindre les résultats escomptés si elle s'inscrit dans la durée. L'Association des femmes chefs de famille, fidèle aux principes des droits de l'homme, lance un vibrant appel à toutes les forces vives de la nation afin d'apporter un réel soutien à cette action. L'émancipation des femmes est un des piliers du développement de notre pays. Eu égard au poids démographique des femmes [elles représentent plus de 52 % de la population], sans leur participation, tout développement est voué à l'échec. 

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