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DossierMédias : l'autre révolution

15/11/2012 à 16:31
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Le groupe public sud-africain SABC 24 veut lancer sa chaîne d'info en continu internationale, mais n'a pas les reins assez solides.

Face aux grandes chaînes d'information internationales qui se disputent les téléspectateurs africains (BBC, CNN, Al-Jazira, France 24...), Pretoria ne veut pas rester les bras croisés. En août, le groupe audiovisuel public South African Broadcasting Corporation (SABC) annonçait que « sa » chaîne panafricaine d'information en continu était prête pour émettre dès septembre. Le lancement a finalement été reporté sine die, mais une source au sein du groupe assure que la chaîne fonctionne en interne, sous le nom de SABC 24, pour effectuer « les derniers réglages ». Dans un premier temps, elle devrait être diffusée par l'opérateur de télévision payante par satellite DStv, et un service en français est déjà prévu.

Dépenses inconsidérées

Portrait de familles sud-africaine

Outre la société publique South African Broadcasting Corporation dans l'audio­visuel, quatre groupes privés trustent la quasi-totalité du paysage médiatique sud-africain.

Nasper

Multinationale à capitaux sud-africains, Naspers possède depuis janvier 2007 les chaînes DStv (première chaîne payante du continent avec 4,5 millions d'abonnés), M-net et Supersport. Sa principale filiale, Media 24, détient les quotidiens Daily Sun, City Press, les plus grands titres en afrikaans (Beeld, Die Burger, Volksblad, Rapport), contrôle 60 % des magazines du pays et, via Media 24 Digital, gère plusieurs sites internet.

Johnnic communications (johncom)

Principalement actif dans la presse quotidienne (Sunday Times, Sowetan, Sunday World, Daily Dispatch, The Herald, Weekend Post, Business Day) et la presse magazine (Longevity, Elle, Financial Mail), JohnCom détient 38 % de Caxton & CTP Publishers, le premier groupe de presse locale (plus de 115 titres) et est aussi présent dans l'industrie du cinéma.

Independent Newspapers

Le groupe de l'Irlandais Tony O'Reilly est devenu l'un des principaux acteurs de la presse écrite sud-africaine en 1995, en prenant la majorité dans le capital d'Argus, propriétaire, entre autres, des quotidiens The Star, Daily News, Cape Times, The Mercury, et des hebdomadaires The Sunday Independent, Sunday Tribune et The Post.

Primedia

Créé en 1994, le groupe est structuré autour de quatre principales ?filiales : Primedia Broadcasting (radios : 94.7 Highveld, 702 Talk Radio, 567 Cape Talk, Kfm), Primedia Publishing (presse magazine), iafrica.com (internet) et Ster Kinekor (cinéma).

Faute de moyens, son ancêtre SABC News International (Sani) avait dû arrêter d'émettre en 2010, après deux ans d'activités « non rentables ». L'épineuse question du financement n'est d'ailleurs toujours pas réglée. D'après la ministre de la Communication, Dina Pule, la chaîne devrait être dotée, pour la première année, d'un budget de 180 millions de rands (16 millions d'euros) et, d'ici à cinq ans, de 240 millions de rands. À titre de comparaison, le budget annuel de France 24 est d'environ 112 millions d'euros. « Beaucoup plus d'argent sera nécessaire », prévient William Bird, directeur de l'institut Media Monitoring Africa. Si le groupe espère de bons revenus publicitaires, il « ne pourra pas supporter la chaîne sans le soutien du Trésor public », a rappelé Dina Pule début octobre, et, deux semaines plus tard, le ministre des Finances, Pravin Gordhan, a indiqué sèchement que ce n'était « pas le moment pour les projets de prestige » et que le groupe devait « cesser ses dépenses inconsidérées ».

Les enjeux politiques ne sont sans doute pas étrangers aux velléités de création de SABC 24, qui devrait, à terme, être déployée sur le réseau terrestre. En effet, depuis son lancement par e.tv en 2008, eNews Channel Africa (eNCA), seule chaîne du genre produite en Afrique subsaharienne avec la kényane A24 Media, rencontre un certain succès (3 millions de téléspectateurs en prime time, soit 30 % de part d'audience). Or son ton n'est pas toujours du goût du Congrès national africain (ANC, au pouvoir). En attendant de voir arriver sa concurrente publique, eNCA poursuit son développement. Diffusée par DStv, elle est disponible depuis août sur le bouquet britannique Sky (groupe Murdoch).

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