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DossierMédias : l'autre révolution

15/11/2012 à 16:26
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Au Niger, la liberté de la presse a considérablement progressé, mais les abus qu'en font certains journaux menacent cette avancée.

Lorsque Marcus Issaka Lawson, le directeur de la publication du journal nigérien Jeunesse Info, a été condamné à neuf mois de prison (dont trois avec sursis) pour faux et usage de faux, le 2 juillet, l'ONG Reporters sans frontières (RSF) a, comme à son habitude, publié un communiqué. Mais cette fois, elle n'a pas fustigé les autorités. « Le manque d'éthique de certains auteurs d'articles risque de pervertir la liberté de la presse si durement acquise », a au contraire regretté RSF.

Les faits reprochés à Jeunesse Info sont sérieux. Après avoir diffamé une magistrate, Adama Gazibo, dans un article sur sa vie privée, le journal a repris une partie de ses fausses informations dans un droit de réponse totalement inventé, mais signé du nom de la victime. Ce type de pratique, qui se double souvent d'un chantage financier, est malheureusement fréquent au Niger. « À cause de ces comportements, l'opinion publique comprend de moins en moins les avantages que nous avons obtenus ces dernières années », déplore Boubacar Diallo, journaliste et président de la Maison de la presse.

Si le nombre de médias a explosé, le professionnalisme, les moyens et l'audience laissent à désirer.

Le secteur a, en effet, été considérablement affranchi. Les délits de presse sont dépénalisés depuis 2010 (sous la transition démocratique de Salou Djibo), et le président Mahamadou Issoufou, élu le 12 mars 2011, a continué dans cette voie. Conséquence : le Niger a connu la plus forte progression au monde dans le classement 2011-2012 de la liberté de la presse établi par RSF, gravissant 75 places en un an pour se hisser au 29e rang, entre le Royaume-Uni et l'Australie.

Déontologie

Dans la foulée, le nombre de médias a explosé. Le pays compte aujourd'hui près de 80 journaux (une trentaine de plus en un an) et 11 chaînes de télévision (contre 4 il y a deux ans). Mais l'audience, les moyens et le professionnalisme laissent à désirer. « Très peu de journaux ont accès à la publicité, explique Boubacar Diallo, qui milite pour que cette ressource soit répartie entre les titres respectant les chartes de déontologie. Alors, pour vivre, les patrons de presse font souvent appel à leurs relations politiques. Cela ouvre la voie à toutes les manipulations. »

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