Salem Saadoun a 32 ans et est né à Laayoune. Il vient de la tribu Reguibat.
Expert en droit des affaires puis fonctionnaire au ministère marocain de la Justice, ce Sahraoui très policé est le directeur exécutif de la commission régionale des droits de l'homme (CRDH), démembrement local de l'organisme piloté depuis Rabat par Larbi Benzekri. Forte de 32 membres, la CRDH reçoit et instruit les plaintes des citoyens contre les forces de l'ordre : 950 ont ainsi été déposées auprès d'elle après l'évacuation forcée du camp protestataire de Gdeim Izik, non loin de Laayoune, en novembre 2010. Il visite les prisons et ses avocats assistent aux procès. « Nous protégeons tout le monde, y compris ceux qui se réclament du Polisario, assure Saadoun. Les gens nous font de plus en plus confiance. » Un regret, certes : que les autorités n'aient pas encore réagi aux dossiers que la CRDH leur a fait parvenir. « C'est une question de temps, on avance peu à peu. La preuve : la police, la gendarmerie et les forces auxiliaires assistent à nos séminaires de sensibilisation sur les droits de l'homme. »

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