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DossierBurundi : retour sur scène

26/09/2012 à 18:13
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Le couple princier Philippe et Mathilde de Belgique, le 3 juillet, à Rutegama (Centre). Le couple princier Philippe et Mathilde de Belgique, le 3 juillet, à Rutegama (Centre). © Benoît Doppagne/AFP

Les soubresauts de son ancienne colonie ont eu des répercussions en Belgique, qui abrite une importante diaspora burundaise. Si leur nature a changé, les liens entre les deux États restent solides.

« Au Burundi, quand on évoque la communauté internationale, c'est souvent à la Belgique qu'on pense », remarque un haut responsable politique pour résumer les relations entre le pays et son ancien tuteur. Des liens anciens, aussi solides que complexes, façonnés par l'Histoire. Pendant la colonisation, les élites étaient envoyées en Belgique pour leur formation. Le prince Louis Rwagasore, héros de l'indépendance, a ainsi fait ses études supérieures à l'université d'Anvers. C'est encore la Belgique qui accueillera le gros des réfugiés, au fil de l'histoire sanglante du Burundi indépendant.

Nombre d'étudiants ne sont pas rentrés. Nombre de cadres ont profité de missions pour demander l'asile politique. Nombre d'entre eux, aussi, sont depuis revenus au pays, qui compte aujourd'hui beaucoup de Belgo-Burundais, parmi lesquels Gervais Rufyikiri, deuxième vice-président, Annonciate Sendazirasa, ministre de la Fonction publique, Pie Ntavyohanyuma, président de l'Assemblée nationale... La liste est loin d'être exhaustive.

Détente

Les crises burundaises se sont fatalement répercutées au sein de la diaspora, qui compte plusieurs milliers de membres en Belgique. Au pire moment de la guerre civile, les communiqués des différents mouvements armés étaient rédigés et diffusés depuis Bruxelles, où Hutus et Tutsis avaient chacun leurs bars. Si aujourd'hui entre les deux communautés, en Belgique comme sur le territoire burundais, l'heure est à la détente, tous s'accordent à dire que c'est grâce à l'action de l'ambassadeur Laurent Kavakure, en poste à Bruxelles de 2006 à 2010. « Il a initié des rencontres, organisé des fêtes où il conviait tout le monde », se souvient-on. Sa nomination en tant que ministre des Relations extérieures et de la Coopération internationale, depuis le remaniement de novembre 2011 - après un an comme conseiller à la présidence -, salue d'ailleurs sa contribution au renouveau des relations politiques et diplomatiques entre les deux pays.

Traditionnellement, francophonie oblige, les Burundais s'installaient plutôt en Wallonie ou à Bruxelles, mais la vague de réfugiés des années 1990-2000 n'a pas hésité à s'exiler en Flandres. Comme Antoine Kaburahe, rédacteur en chef et directeur de publication du journal Iwacu, à Bujumbura. « Je ne pensais pas que je retournerais un jour au Burundi, et je voulais donner à mes enfants toutes les chances de s'intégrer en Belgique en étant parfaitement bilingue néerlandais-français. C'est pourquoi je me suis installé à Anvers avec ma famille », explique-t-il.

"Buruseli"

Les deux « petits » pays entretiennent également des relations d'affaires soutenues (voir infographie). En témoigne la troisième édition de la Semaine belge au Burundi, qui, du 26 février au 4 mars, a accueilli à Bujumbura une soixantaine d'hommes d'affaires belges. Bruxelles est en outre le premier bailleur de fonds du pays, avec 140 millions d'euros inscrits au budget de la coopération technique belge pour la période 2010-2013 (principalement dans les secteurs de l'agriculture, de la santé et de l'éducation).

Bien d'autres signes soulignent la densité des relations bilatérales. L'ambassade de Belgique au Burundi est ainsi la représentation diplomatique qui compte le plus d'effectifs dans le pays. Brussels Airlines est la seule compagnie aérienne à opérer trois rotations par semaine avec Bujumbura. Et dans le métro bruxellois, il n'est pas rare d'entendre parler kirundi. « Quand je suis en mission en Belgique, il suffit que je me rende à Matonge pour être sûr de rencontrer des compatriotes », confie un cadre du ministère des Finances. Matonge, le quartier africain de Bruxelles, où les Burundais ont leurs bars. Même le nom de la capitale belge a été « burundisé » : tout le monde parle de « Buruseli ». 

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