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DossierCongo : démocratie cha cha

31/08/2012 à 15:54
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La RN1, entre Brazza et Kinkala. La RN1, entre Brazza et Kinkala. © Vincent Fournier/J.A

La plupart des échanges entre le sud et le nord du pays transitent par le département. Une position stratégique bientôt renforcée par trois projets plutôt bien engagés.

« Même si Brazzaville n'existait pas, le Pool, par sa position géographique, serait naturellement un carrefour. Il joue un rôle pivot dans l'interconnexion entre les régions nord et le sud du pays », rappelle Michel Niama, l'un des conseillers économiques du ministre de l'Économie, du Plan, de l'Aménagement du territoire et de l'Intégration.

La position du département a bien évidemment favorisé l'installation de la capitale sur son territoire, au bord du fleuve Congo, là où ce dernier n'est plus navigable. Un inconvénient qu'ont pallié la route et, surtout, le chemin de fer. Du coup, toute infrastructure susceptible d'améliorer l'accessibilité et la desserte de Brazza traverse le Pool... et plus le Pool est connecté aux autres régions, mieux Brazzaville est approvisionné. Or la capitale administrative et politique du Congo dépend fortement de son hinterland et de l'extérieur pour vivre.

Il faut former de nouveaux acteurs locaux aux métiers de la route et de la logistique.

Marguerite Homb, Agence de développement du Pool

Pont

Pendant longtemps, la vocation de relais du département a été limitée aux échanges entre le nord et le sud du pays. Les projets actuels devraient lui ouvrir de nouveaux horizons, bien plus intéressants. Parmi les plus avancés, la construction du pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa (lire « Grand angle »), qui favorisera la connexion avec la RD Congo, en particulier avec sa capitale et la province agricole du Bas-Congo.

Le projet de création d'une zone économique spéciale (ZES), doublée d'un port sec à Maloukou Tréchot (dans le district d'Ignié) est lui aussi bien engagé. Une bretelle de la RN1 - qui va bientôt relier Brazzaville à Pointe-Noire, poumon économique du pays - contournera la capitale par le nord pour aboutir à cette ZES, qui sera ainsi directement connectée au port maritime, sur la côte atlantique.

Maya-Maya deviendra hub

L'aéroport international Maya-Maya de Brazzaville ne cesse de se moderniser et de s'étendre. En août 2010 étaient inaugurés une deuxième piste d'atterrissage et le premier module de la nouvelle aérogare. En 2013, ce sera au tour du deuxième module (réservé aux vols nationaux) d'être livré. Le chantier est confié à la Société anonyme de coopération technique et économique internationale de Chine (Weitec), qui a déjà construit le premier module, le pavillon présidentiel, l'aéroclub, un parking et un hôtel de grand standing situé à proximité de l'aéroport. Dans moins de deux ans, Maya-Maya pourra accueillir 2 millions de passagers par an, soit plus de deux fois le trafic actuel (environ 800 000 voyageurs et 75 000 tonnes de fret) et prétendre au statut de hub aéroportuaire. C'est le but des autorités congolaises. M.D.

Défi

Par ailleurs, les autorités envisagent la construction d'un port continental en eau profonde sur le fleuve, au-delà de Ngabé, pour ouvrir le pays sur une profondeur continentale beaucoup plus importante que le pont entre Brazzaville et Kinshasa, qui a un contenu surtout politique. De quoi transporter des matériels lourds vers le nord du Congo et la Centrafrique, vers l'est de la RD Congo, et dynamiser les échanges entre ces pays. Si le projet aboutit, le port de Brazzaville aura alors une vocation touristique, son ensablement et son faible tirant d'eau limitant les tonnages.

Autant dire que ces infrastructures vont bouleverser l'économie du Pool. Les populations du département seront-elles en mesure de répondre aux besoins qu'elles vont nécessairement engendrer ? « Il faudra installer de nouvelles stations d'essence, des garages, des hôtels, des restaurants, développer la chaîne du froid et autres services liés aux transports. C'est maintenant qu'il faut former de nouveaux acteurs locaux aux métiers de la route, de la logistique, ainsi qu'aux techniques modernes de gestion », insiste Marguerite Homb, la directrice générale adjointe de l'Agence de développement du Pool. Un vrai défi.

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