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DossierDéveloppement : l'Afrique idéale

29/08/2012 à 11:25
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C'est sans doute l'un des plus grands scandales sur le continent. Là-bas, à 40 km en amont de Matadi et à 200 km de Kinshasa, la capitale, le fleuve Congo débite selon les saisons entre 30 000 et 60 000 m3 d'eau par seconde. De quoi produire sans coup férir autour de 45 gigawatt­heures (GWh) d'électricité. C'est tout bonnement la moitié des capacités installées sur le continent. Et cela permettrait d'approvisionner toute l'Afrique centrale. Problème, les centrales Inga I et II ne produisent actuellement que 700 MWh, quand elles devraient fournir 1 775 MWh.

« Tout le monde est d'accord pour remettre à niveau les installations existantes, accélérer le projet Inga III - d'une capacité de 3,5 GW - et lancer éventuellement le Grand Inga, à côté duquel le barrage chinois des Trois-Gorges ferait pâle figure », résume un fonctionnaire international en poste à Kinshasa. On ne compte plus les rapports et séminaires sur le sujet... Des études de faisabilité sont même achevées, et les bailleurs de fonds ont affiché leurs bonnes dispositions. Mais ça coince. Pourquoi ? Inga III est un projet régional et doit associer l'Angola, l'Afrique du Sud, la Namibie et le Botswana. Il faut donc réunir tout le monde autour d'une même table, répartir les contributions financières des uns et des autres, et définir les responsabilités de chacun au sein du consortium en charge de l'exploitation. Pas simple. Les investissements sont évalués à 8 milliards de dollars (6,4 milliards d'euros).

Quant au Grand Inga, l'estimation donne le tournis : entre 40 et 50 milliards de dollars (entre 32 et 40 milliards d'euros). « Pour ces mégaprojets, les relations de confiance entre les autorités des pays et la communauté financière sont indispensables. Ce n'est pas encore le cas », résume, non sans diplomatie, le dirigeant d'une institution de développement. Et pour l'heure, la prodigalité chinoise en RD Congo ne s'est pas encore portée sur le secteur énergétique...

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