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DossierDéveloppement : l'Afrique idéale

29/08/2012 à 12:31
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Salva Kiir (Soudan du Sud), Mwai Kibaki (Kenya), Mélès Zenawi (Éthiopie) : le 2 mars 2012, les trois chefs d'État et de gouvernement étaient présents au lancement officiel de l'un des plus importants projets d'infrastructures en Afrique de l'Est. Son petit nom ? Lapsset, pour Lamu Port and Lamu Southern Sudan-Ethiopia Transport Corridor, dont le coût est aujourd'hui évalué à 24 milliards de dollars (pluds de 19 milliards d'euros). Longtemps dans les cartons - l'idée de créer un second port kényan sur l'océan Indien, après Mombasa, daterait des années 1970 -, ce projet semble avoir commencé à se concrétiser véritablement avec la construction de 3 des 32 mouillages, mais les travaux dureront plusieurs dizaines d'années.

Il s'agit non seulement de réaliser un port en eau profonde à Manda Bay, mais aussi de le relier par train et route à Djouba et Addis-Abeba via Lokichogio et Moyale. En outre, et c'est sans doute là l'élément le plus important, le port de Lamu devrait à terme permettre au tout jeune Soudan du Sud d'exporter son pétrole sans se plier aux exigences de Khartoum. La crise actuelle entre les deux Soudans explique la relance politique dont bénéficie le projet, notamment en ce qui concerne le volet des raffineries et du pipeline.

Pirates

Si la réussite du Lapsset permettrait une meilleure intégration régionale du Kenya, du Soudan du Sud, de l'Éthiopie et même de l'Ouganda, les obstacles sont nombreux. Le plus difficile sera sans doute de séduire les investisseurs, même si la Chine, le Qatar, l'Allemagne, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale ont montré leur intérêt. En effet, le port de Lamu s'ouvrira sur une zone maritime dans laquelle les pirates sont très actifs et à proximité de la Somalie où, malgré l'action de la mission de l'Union africaine (Amisom) et de l'armée kényane, le chaos orchestré par les milices Shebab reste problématique.

En outre, au-delà des questions environnementales et culturelles soulevées par une telle industrialisation, le projet se heurte à l'opposition des communautés locales, peu consultées, dont celle des 25 000 pêcheurs qui dépendent des ressources halieutiques de la baie. Dans un contexte politique tendu (élections aux Kenya, conflit intersoudanais en Somalie), la corruption risque aussi de freiner le projet : des achats de terres à des fins spéculatives ont d'ores et déjà été dénoncés. 

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