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DossierFinance : des groupes africains en pleine expansion

22/05/2012 à 16:17
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La plateforme permet d'effectuer des retraits en dollars sur un compte en francs congolais. La plateforme permet d'effectuer des retraits en dollars sur un compte en francs congolais. © Joseph Moura pour J.A.

Le groupe de monétique marocain a développé de nouveaux services via les guichets automatiques de la Banque commerciale du Congo. Un projet sur lequel il compte capitaliser pour séduire les établissements bancaires subsahariens.

En douze ans, M2M a su se faire une place dans le paysage bancaire africain. Installé et coté à Casablanca, ce spécialiste de la sécurisation des transactions électroniques a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 83,5 millions de dirhams (7,5 millions d'euros). Il consacre chaque année l'équivalent de 14,5 % de ses revenus à la recherche et au développement de nouveaux systèmes informatiques. Pour les banques, ses principales clientes, mais aussi pour les groupes de la grande distribution, les administrations, les sociétés de téléphonie et de transport.

Au sud du Sahara, le développement de la SSII marocaine est porté par le secteur financier, qui représente environ 70 % de son chiffre d'affaires tant en Afrique centrale qu'en Afrique de l'Ouest. Les banques de la région, qui étendent leur réseau de distributeurs automatiques, ont besoin d'être accompagnées. Et M2M, à l'instar de ses concurrents (lire l'encadré), veut en profiter. « Nous avons pris l'habitude de développer des solutions répondant aux problématiques spécifiques de la région, comme la bancarisation très faible et la coexistence de plusieurs devises », indique Hicham Bendahir, directeur de la business unit Afrique.

Étendre la technologie du prépayé

Dernier grand projet de M2M, finalisé le 26 mars : la mise en place d'une plateforme multiservice pour la Banque commerciale du Congo (BCDC, en RDC). Pour se distinguer sur un marché où s'affrontent vingt banques, le deuxième établissement du pays (278,4 millions d'euros de total de bilan en 2010) a pu proposer, avec l'appui de M2M, de nouveaux services via ses guichets automatiques. Première innovation : la mise en place d'un système de cartes prépayées. « Le client fait un dépôt à la banque, qui lui remet en échange une carte bancaire avec laquelle il pourra réaliser tout type de transaction. Ce système est une première étape pour drainer une clientèle nouvelle qui n'a pas encore de compte », explique le responsable de la SSII marocaine.

La plateforme de M2M permet également d'effectuer des retraits en dollars dans les guichets automatiques de la BCDC, sur des comptes en francs congolais. « L'économie de la RDC étant l'une des plus "dollarisées" de la sous-région, c'est un service parfaitement adapté aux besoins des clients locaux, qui ne sont plus obligés d'ouvrir des comptes en devises étrangères », souligne Hicham Bendahir. Dernière fonctionnalité du système de M2M, plus répandue sur le continent : la possibilité de recharger son téléphone portable - quel que soit l'opérateur - via une transaction bancaire effectuée à un guichet automatique ou dans une agence.

Avec ce premier projet - réalisé en seulement quatre mois -, M2M espère décrocher d'autres contrats du même type dans la région. Le groupe lorgne en particulier les marchés bancaires camerounais, ivoirien et équato-guinéen, en pleine modernisation. 

Une spécialité chérifienne

Décidément, la monétique est une affaire de Marocains. Les projets de modernisation des grandes banques du royaume ont fait émerger des champions locaux. En dehors de M2M, deux grandes sociétés chérifiennes se battent pour séduire les banques africaines. Hightech Payment Systems (HPS) mène la danse, avec un chiffre d'affaires de 23,9 millions d'euros en 2011. Présente à Casablanca, Dubaï et Paris, elle compte dans ses références plus d'une centaine de banques et institutions financières. Le groupe a été fondé en 1995 par d'anciens dirigeants de son actuel challengeur, la société maghrébine de monétique (S2M), pionnière du secteur (née en 1983), qui réalise 12,4 millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle développe elle aussi des logiciels pour les banques, mais propose également des moyens de paiement (chèques, cartes bancaires et terminaux de paiement). C.L.B.

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