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DossierFinance : des groupes africains en pleine expansion

29/05/2012 à 16:15
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Avec le lancement de son troisième fonds, Cnav II, le fonds d'investissement marocain Capital Invest souhaite passer du statut d'investisseur local à celui d'acteur panafricain.

Dans le sillage de son « grand frère » tunisien Tuninvest, Capital Invest veut prendre un véritable virage régional. Douze ans après sa création par le groupe BMCE et le français Siparex (spécialiste de l'investissement dans les PME), le capital-investisseur marocain, qui fut l'un des premiers et jusqu'ici l'un des seuls à se risquer hors des frontières du royaume, va lancer son troisième fonds. Et il entend bien en profiter pour doper sa présence africaine. Lancé en septembre 2012, Cnav II - acronyme de Capital North Africa Venture II - consacrera 20 % de ses capacités d'investissement au Maghreb (hors Maroc) et, véritable nouveauté, de 10 % à 15 % à l'Afrique de l'Ouest. Pour appuyer les développements dans la première zone, des équipes locales devraient être recrutées en Algérie et en Tunisie. Quant aux investissements au sud du Sahara, ils devraient se faire « via des entreprises marocaines qui souhaitent se régionaliser », souligne Omar Chikhaoui, directeur général de Capital Invest.

Objectif doublement des actifs

Capital Invest veut également profiter de Cnav II pour doubler la taille de ses actifs sous gestion. L'ambition est de réunir une centaine de millions d'euros dans ce nouveau fonds, alors que ses prédécesseurs, Capital Morocco (lancé en 2000) puis Cnav (en 2006), avaient dû se satisfaire, respectivement, d'environ 25 millions et 35 millions d'euros. Omar Chikhaoui détaille : « 60 % de la somme devraient être apportés par plusieurs institutions financières internationales de développement, et 40 % par des institutionnels locaux : des caisses de retraite, des compagnies d'assurance et des banques. » La Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale pour le secteur privé, investira 10 millions d'euros dans Cnav II, mais d'autres acteurs internationaux, tels que la Banque européenne d'investissement (BEI), le belge BIO, le suisse Sifem ou le français Proparco, ont également été démarchés.

La SFI apportera 10 millions d'euros. Sifem, BIO et Proparco ont été contactés

À son actif, Capital Invest dispose d'un long track record (terme utilisé par le monde de la finance pour caractériser l'expérience d'une société de gestion et de ses équipes). Si Mehdi Tahiri, le fondateur de l'activité private equity au sein du groupe BMCE, a laissé la main, son successeur, Omar Chikhaoui, dispose de quinze années d'expérience dans l'investissement, dont six en tant que dirigeant de Capital Invest. Autour de lui, une équipe d'une dizaine de financiers. « Nous avons investi dans 25 entreprises et réalisé 16 cessions », précise Chikhaoui.

Fin 2011, Capital Invest a réalisé l'une des plus belles sorties dont puissent rêver les financiers en Afrique : une vente de ses titres à l'occasion de l'introduction en Bourse de Jet Alu. Auparavant, cela avait déjà été le cas avec deux autres PME marocaines : Distrisoft et M2M (lire p. 109). Parmi les faits d'armes du capital-investisseur figurent également la cession de la Compagnie marocaine des cartons et des papiers (CMCP) à International Paper, l'un des leaders mondiaux du secteur du papier et de l'emballage, ou celle du français implanté au Maroc Webhelp, racheté par le financier Charterhouse.

Morose marché chérifien

En matière de capital-investissement, le royaume vit une situation paradoxale. S'il est plutôt bien positionné, comparé à d'autres États africains, il profite peu de l'intérêt croissant pour les pays émergents en général et pour le continent en particulier. En 2011, les fonds levés ont chuté à 43 millions d'euros (480 millions de dirhams), contre 91 millions d'euros l'année précédente, selon les chiffres de l'association marocaine des investisseurs en capital. Une évolution certes en phase avec les tendances mondiales mais très décevante au regard des fonds levés par les capital-investisseurs dans les pays émergents : une trentaine de milliards d'euros en 2011, un chiffre en hausse de 63,8 %, selon l'association internationale Empea. En cause, notamment, la relative étroitesse du marché marocain. F.M.

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