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DossierFinance : des groupes africains en pleine expansion

29/05/2012 à 16:09
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Avec un capital de près de 84 millions d'euros, le groupe envisage deux acquisitions. Avec un capital de près de 84 millions d'euros, le groupe envisage deux acquisitions. © DR

Rachetée par le fonds Emerging Capital Partners en 2009, la banque a été réorganisée en profondeur. Traditionnellement tournée vers les PME, elle cherche à élargir sa clientèle.

Fondé en 1987 au Bénin, Financial Bank - renommé Orabank en mai - est longtemps resté discret et majoritairement tourné vers les entreprises. L'établissement s'est fait connaître du grand public par une campagne de publicité à l'occasion de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2008, une opération qui n'était sans doute pas destinée à attirer l'attention des seuls consommateurs à un moment où il cherchait à se renforcer. « À l'époque, il nous était nécessaire d'atteindre une taille critique et il fallait de toute urgence un apport de fonds, soit au moyen de la dette, soit en nous adossant à un nouvel actionnaire », confie un ancien cadre de la banque. En effet, les nouvelles obligations réglementaires de Bâle II, de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) obligeaient le groupe à trouver au moins 10 milliards de F CFA (15,2 millions d'euros) pour se recapitaliser. Fin 2008, il retient l'attention d'Emerging Capital Partners (ECP). Le fonds de capital-investissement, basé à Washington et spécialisé dans les économies émergentes, s'offre alors 10 % du capital de la banque avant de la racheter en quasi-totalité quelques mois plus tard, en mars 2009.

Alors que la prise de contrôle par ECP devait s'accompagner d'un coup de fouet dans l'expansion territoriale de Financial Bank, les deux dernières années s'avèrent décevantes, marquées principalement par une bataille judiciaire entre nouveaux et anciens propriétaires, par l'acquisition de First Trust Savings and Loan, une petite institution de microfinance au Cameroun, et par une vaste opération de rebranding. Bacim Bank, ancienne filiale mauritanienne en difficulté de BNP Paribas, rachetée par ECP en avril 2008, est par ailleurs intégrée au groupe. Mais aucune de ces opérations n'a vraiment convaincu.

Réorganisation du holding

Pourtant, si l'on en croit Patrick Mestrallet, directeur général du groupe Orabank, la nouvelle équipe a effectué un travail de fond considérable depuis le rachat : « En deux ans, nous sommes passés d'un groupe de banques à un groupe bancaire. Cela impliquait de créer un holding souple et décentralisé, Oragroup, tout en imposant des règles communes de bonne gouvernance, avec la mise en place notamment d'une compta­bilité consolidée, de directions des risques, des ressources humaines, de la communication, de l'audit interne, etc. » ECP a assisté le management tout au long de cette phase de transformation structurelle. Ainsi, le directeur général adjoint du holding est Ferdinand Ngon, par ailleurs directeur des participations du fonds en Afrique centrale.

Quant à l'objectif de recapitalisation, il a fini par être atteint : en deux ans, plusieurs levées de fonds ont été nécessaires pour que toutes les succursales respectent les réglementations locales. Au total, 50 milliards de F CFA ont été injectés par divers investisseurs depuis mars 2009. En effet, outre ECP, plusieurs acteurs privés se sont joints au tour de table. En octobre dernier, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Proparco (filiale de l'Agence française de développement) et la Société belge d'investissement pour les pays en développement (BIO) ont mis la main à la poche, apportant 6,3 milliards de F CFA d'argent frais. Le tour de table réunit désormais ECP (qui détient un peu moins de 70 %), Proparco (environ 10 %), BIO (5 %) et la BOAD (4 %), le solde étant entre les mains d'investisseurs privés.

Oragroup est aujourd'hui à la tête d'un capital de près de 55 milliards de F CFA, « suffisamment pour financer deux opérations de croissance externe », précise Patrick Mestrallet. « Nous regardons en priorité dans quatre pays : la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Ghana et le Cameroun, mais les audits préalables d'acquisition sont complexes. Même si nous n'excluons pas une implantation ex nihilo, par exemple en Côte d'Ivoire ou au Cameroun, nous privilégierons le rachat d'un établissement existant », ajoute-t-il. Cependant, l'acquisition de la Commercial Bank-Cameroun (CBC), un temps envisagée, n'est plus à l'ordre du jour.

Un redéploiement attendu

La nouvelle orientation d'Orabank repose également sur une redéfinition de sa clientèle. Traditionnellement tournée vers les PME, la banque veut couvrir un éventail le plus large possible, depuis les grands comptes jusqu'aux particuliers. C'est dans ce but qu'elle a par exemple largement étendu son maillage territorial au Togo, en passant de deux à huit agences en un an. Cette stratégie semble commencer à payer, puisque, d'après les chiffres disponibles, toutes les exploitations sont bénéficiaires. Les performances des filiales togolaise et gabonaise ressortent plus particulièrement avec respectivement 109 % et 130 % d'augmentation de leur produit net bancaire entre 2010 et 2011.

Extension de son maillage territorial, recapitalisation, nouvelle image de marque : incontestablement, le groupe a changé ces deux dernières années. Ce qui ne l'a pas empêché de prendre du retard par rapport à ses concurrents panafri­cains comme Ecobank ou Bank of Africa. Les rumeurs qui circulaient récemment selon lesquelles l'actionnaire américain chercherait à se retirer indiquent une certaine nervosité de la part des observateurs. Alors que la mue d'Orabank est terminée, il ne lui reste sans doute plus qu'à se déployer pour les convaincre.

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