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DossierDes élections pour changer l'Algérie ?

17/04/2012 à 17:06
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Si l'on tient compte de la tendance générale née des récents scrutins dans la sous-région, les législatives du 10 mai sont promises aux islamistes. À Alger ou dans le pays profond, cela ne semble pas inquiéter qui que ce soit outre mesure. Démocrates et républicains continuent d'échanger des noms d'oiseaux. C'est de bonne guerre, ils chassent sur les mêmes et maigres terres électorales. Quant aux nationalistes, ils jurent, la main sur le coeur, qu'ils parviendront à démentir les pronostics et à convaincre les Algériens que le « changement dans la continuité » - slogan qui avait valu en son temps à son auteur, Valéry Giscard d'Estaing, la déroute que l'on sait - est possible.

Nul ne sait de quoi sera fait le matin du 11 mai. Une certitude, cependant : le scénario de janvier 1992 ne se reproduira pas. Autres temps, autres moeurs. Il est fort peu probable que l'armée intervienne de nouveau pour empêcher les islamistes de jouir des bienfaits de cette alternance annoncée.

La démocratie, ce n'est pas seulement le suffrage universel.

Pour preuve, les propos de ce ­général-major, qui rappelle que le ­premier article de la Constitution consacre l'islam comme religion de l'État. On savait que l'Algérie était une République démocratique et populaire, que la laïcité était un concept occidental, complètement étranger « aux constances nationales », et que les islamistes sont associés depuis une quinzaine d'années, sur recommandation de Washington, à la gestion des affaires publiques (« Il faut travailler avec les islamistes modérés », enjoignait Bill Clinton, en 1994, au pouvoir algérien).

Rien ne dit cependant qu'un triomphe électoral des fondamentalistes leur interdirait de plus grandes « ambitions ». À commencer par islamiser la République en jetant aux orties la démocratie populaire, imposer la charia comme source unique pour le droit algérien et, pourquoi pas, demander au citoyen de changer d'habitudes alimentaires et vestimentaires, ainsi que l'avaient exigé les dirigeants du Front islamique du salut (FIS), quelques semaines avant sa dissolution sur décision de justice, il y a tout juste vingt ans.

Démocrate convaincu et moderniste assumé dans une société qui semble s'être résolue aux conservatismes de tout bord, l'avocat Miloud Brahimi en est arrivé à bousculer ses certitudes. « La démocratie, c'est plus le statut de la femme et les droits de l'homme que le suffrage universel », rappelle-t-il. Des propos qui confirment son sentiment d'appartenir, désormais, à une minorité politique.

La démocratie, c'est déjà et surtout assurer les conditions d'une alternance. Et si, après Tunis, Rabat, ou Le Caire, la vague verte atteint Alger, ce sera en tout cas la première alternance de l'Algérie indépendante, en un demi-siècle d'existence. 

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