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DossierGuinée : Alpha Condé à l'épreuve

02/04/2012 à 09:03
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Saloum Cissé, à gauche, secrétaire général par intérim du RPG. Saloum Cissé, à gauche, secrétaire général par intérim du RPG. © DR

Entre les barons du parti présidentiel et les fortes personnalités des nombreuses formations qui la composent, l'alliance qui a porté Alpha Condé au pouvoir en Guinée peine à identifier son chef de file.

L'Alliance Arc-en-Ciel, ce sont des dizaines de mouvements politiques aux idéologies et aux poids très variés, qui ont soutenu la candidature d'Alpha Condé au second tour de l'élection présidentielle guinéenne du 7 novembre 2010. Un soutien qui, après un entre-deux-tours long et houleux, a mené Alpha Condé à la victoire contre son grand rival, Cellou Dalein Diallo, le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée, pourtant arrivé en tête à l'issue du premier tour de scrutin, le 27 juin 2010 (43,69 %, contre 18,25 % pour Condé). Depuis, les dirigeants des principaux partis inscrits dans cette nouvelle majorité ont connu des fortunes diverses.

Le congrès du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, parti présidentiel) au cours duquel sera élu le successeur du président fondateur, Alpha Condé, ne s'est pas encore réuni. Il doit être organisé après les législatives. En attendant, la direction du parti est assurée par Saloum Cissé, que le chef de l'État a désigné comme secrétaire général par intérim.

Charisme

Du secrétariat général par intérim à la présidence, il y a un pas, que Cissé, peu charismatique et mal connu de la base, aura du mal à franchir. Il sera confronté à des challengeurs tels que Mohamed Diané, vice-président du parti. Si le compagnon de lutte de Condé n'a pas encore affiché ses ambitions, nombre de militants le voient à la tête du RPG et de l'Alliance Arc-en-ciel.

Depuis la rupture, en août 2011, entre cette dernière et le Parti de l'espoir pour le développement national (PEDN) de l'ex-Premier ministre Lansana Kouyaté, qui estime que le RPG et ses alliés n'ont pas tenu leurs engagements, François Lonsény Fall (0,46 % au premier tour) apparaît comme l'une des plus fortes personnalités de l'Alliance. Mi-janvier, il a fait fusionner son parti, le Front uni pour la démocratie et le changement (Fudec), avec le RPG. Et il y a fort à parier que, après avoir sabordé son parti, Fall n'a pas l'intention d'aller jouer les seconds rôles dans un RPG en quête d'une personnalité charismatique.

Il y a fort à parier que François Lonsény Fall n'a pas l'intention de jouer les seconds rôles.

Quant aux autres ténors de l'Alliance Arc-en-Ciel, tous restent fidèles au pacte signé en 2010, entre les deux tours, avec le parti présidentiel. Ousmane Bah, président de l'Union pour le progrès et le renouveau (UPR), candidat malheureux du premier tour (0,68 %) et rival sans réels atouts de Diallo dans le pays peul, occupe le très stratégique portefeuille des Travaux publics et des Transports. Papa Koly Kourouma, le leader forestier pro-Dadis, à la tête du Rassemblement pour la défense de la République (RDR, arrivé cinquième à la présidentielle avec 5,74 %), est ministre de l'Énergie et de l'Environnement. Ils ne sont cependant pas les mieux placés pour la présidence de l'Alliance, Condé ne souhaitant pas que les membres du gouvernement soient plus occupés à faire de la politique qu'à travailler sur les dossiers nombreux et difficiles dont ils sont chargés.

Renforcé

Si certains partis de l'Alliance perdent en organisation et en influence sur le terrain, « dans la pratique, note un observateur politique, cela arrange Alpha Condé. Le RPG n'est pas assez implanté dans le pays, comme on a pu le constater au premier tour de la présidentielle, et l'alliance qui s'est formée autour de lui va le renforcer.

En outre, étant donné qu'aucune personnalité forte ne se dégage au sein de cette Alliance Arc-en-Ciel, le chef de l'État est assuré de ne pas connaître le syndrome Wade, qui a vu certains de ses Premiers ministres devenir tour à tour ses plus farouches opposants ». Alpha Condé peut d'ailleurs compter sur un nouveau partenaire se réclamant du centre, le Club des républicains (CDR), amené par l'ex-Premier ministre Jean-Marie Doré, qui, bien qu'il se dise neutre, soutient l'action gouvernementale.

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