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DossierSécurité alimentaire : le paradoxe africain

06/03/2012 à 15:09
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Atteindre la sécurité alimentaire pour écarter le spectre de la faim est une entreprise de très longue haleine. Il ne s'est pas encore passé grand-chose en la matière depuis 2007, année où la Banque mondiale a reconnu qu'elle avait délaissé l'agriculture depuis plus de vingt ans, donnant le mauvais exemple aux autres institutions multilatérales et aux gouvernements des pays en développement. Certes, le sommet de Cannes du G20 a promis, en novembre 2011, que priorité serait donnée à l'agriculture. Reste à mettre en oeuvre cette résolution tardive.

Écartons d'abord les bêtises à ne pas commettre. Pas question de viser à l'autosuffisance alimentaire, car aucun pays au monde ne peut produire, et au meilleur prix, tous les produits agricoles dont il a besoin : cultiver du blé ou du maïs au Sahel serait une coûteuse stupidité. Pas question de pratiquer une agriculture intensive de type européen dans les pays d'Afrique : les sols n'y résisteraient pas. Pas question d'établir des barrières protectionnistes pour préserver les cultures locales, sinon le temps qu'elles atteignent le seuil de compétitivité.

Comme le préconise Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale, il convient avant tout d'« investir tout au long de la chaîne de production agricole ». Et la difficulté du processus tient à cette complexité, car s'il manque un maillon, les efforts réalisés ailleurs resteront infructueux.

Cela débute avec le droit de propriété, qui doit être garanti afin que les paysans demeurent maîtres de leur sort et intéressés à produire davantage. On mesurera dans ce « Plus » l'importance des semences, des engrais et, bien sûr, de l'eau, sans laquelle les plantes et les animaux ne grandissent ni ne fructifient. La réussite du Brésil, devenu la ferme du monde, rappelle aussi que l'éducation des agriculteurs est essentielle pour qu'ils tirent le meilleur de leurs outils.

Mais on oublie que la sécurité alimentaire passe également par un stockage de qualité, car on ne peut manger toute une récolte ni sur place ni dans les jours suivant la moisson. Il faut des greniers, des silos et parfois des chambres froides, afin de la garder à l'abri des rats, des insectes et des moisissures, en attendant sa consommation ou sa vente. Or, selon les experts, c'est entre 30 % et 50 % des récoltes qui seraient gaspillés dans certains pays en raison de mauvaises conditions de conservation.

Et puis il y a l'impératif du transport et des infrastructures. Grosso modo, la planète produit suffisamment pour nourrir l'humanité, mais les productions sont mal réparties selon les zones géographiques et climatiques. Il est donc indispensable de redistribuer ces denrées, ne serait-ce que des champs vers les villes. Donc pas d'échanges sans les ports, les ponts, les routes et les pistes qui permettent d'emporter et d'apporter les produits agricoles là où c'est nécessaire.

Enfin, il n'y aura aucune sécurité alimentaire tant que les marchés financiers pourront, comme en 2007, multiplier en Afrique le prix du riz par trois en quelque mois, alors qu'aucune pénurie ne menaçait. C'est dans la maîtrise de cette spéculation, d'autant plus scandaleuse qu'elle porte sur des produits vitaux, que l'on mesurera la fiabilité des promesses du G20. 

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