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DossierCôte d'Ivoire : les douze travaux d'ADO

17/02/2012 à 17:01
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La piscine de l'Hotel Ivoire en 2009. La piscine de l'Hotel Ivoire en 2009. © Jacques Kerebel/AFP

L' Hôtel Ivoire est le symbole de la folie des grandeurs des années Houphouët-Boigny. Le palace tente aujourd'hui de retrouver son lustre d'antan, en version plus tendance.

L'opération de chirurgie lourde a repris sur le complexe de l'Hôtel Ivoire. Depuis le début de l'année, les ouvriers ivoiriens sont à pied d'oeuvre pour rénover le bâtiment principal (500 chambres). Objectif : refaire de ce cinq-étoiles un établissement de luxe de la commune de Cocody, non loin des résidences officielles et des institutions internationales.

Construit en trois tranches à partir de 1963, l'Hôtel Ivoire a longtemps été le symbole de la folie des grandeurs du président Houphouët-Boigny. Une époque où l'argent coulait à flots grâce au prix élevé du cacao et où le Tout-Paris venait en vacances à Abidjan. Beaucoup plus tard, l'établissement est devenu le témoin malheureux de la crise ivoirienne : de l'enlèvement d'un avocat, en plein audit de la filière café-cacao, aux tirs de l'armée française contre des patriotes ivoiriens. Des jeunes ayant à peine quitté l'adolescence y habitaient et circulaient librement avec leur kalachnikov, lorsque Charles Blé Goudé, le « ministre de la rue » de Laurent Gbagbo, était censé protéger le régime. Vieillissant avant l'heure faute d'entretien, avec un personnel démotivé, un cinéma fermé, des piscines vidées, l'hôtel s'est vu déserté par ses clients, jusqu'à sa fermeture, en août 2009.

Quand l'argent coulait à flots, le Tout-Paris venait passer ses vacances à Abidjan.

Confiés à l'entreprise PF Operator (PFO) de l'architecte ivoiro-libanais Pierre Fakhoury, les travaux de la première tranche de rénovation ont duré près de deux ans. Au terme d'une course contre la montre, le bâtisseur de la basilique de Yamoussoukro a réhabilité complètement la grande tour de 250 chambres, les restaurants et le Palais des congrès. Tout a été refait et meublé à neuf pour accueillir les assemblées générales de la Banque africaine de développement (BAD), en mai 2010. Quelques mois plus tard, le chantier était suspendu... jusqu'à la fin du processus électoral.

Village idéal

L'établissement a finalement rouvert ses portes le 25 novembre 2011, sans aucune publicité, tandis que le Palais des congrès tournait à plein régime en accueillant salons, soirées de gala et spectacles. La gérance de l'ensemble est assurée par Hôtel Ivoire Gestion Exploitation, une société ad hoc créée par PFO à la demande de l'État, en attendant que Sofitel (groupe Accor) reprenne la concession de l'hôtel au second semestre de cette année.

Plusieurs cadres du groupe hôtelier français y ont déjà posé leurs valises. Ils travaillent aux côtés des hommes de PFO pour la rénovation de l'ensemble du complexe. Il s'agit de respecter le cahier des charges du groupe et de tenir compte de l'évolution des normes de conformité pour les immeubles de grande hauteur. Tout sera réhabilité : étanchéité, façades, chambres, installations techniques (électricité, climatisation, plomberie, ascenseurs, sécurité incendie). La galerie marchande, la discothèque, le cinéma, les restaurants, les salons et la salle des banquets seront refaits à neuf. De même que l'espace de fitness. Le « bâtiment principal », qui accueillera une salle de réception de 500 places, devrait être livré d'ici à la fin de 2013. Le complexe sportif (tennis et bowling), adossé à l'hôtel, est toujours opérationnel, mais la patinoire, jadis fierté d'Houphouët-Boigny, deviendra un ballroom - traduisez : une salle de réception et banquets. L'ensemble du complexe, baptisé Village Ivoire, devrait s'intégrer dans un grand parc paysager descendant jusqu'à la lagune.

Dans les prochains mois, les autorités devront par ailleurs se prononcer sur la relance du chantier de l'Ivoire Trade Center, un complexe de quatre bâtiments de bureaux et de commerces, à deux pas de l'hôtel. Une cession à un opérateur privé pourrait être envisagée.

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