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DossierCôte d'Ivoire : les douze travaux d'ADO

24/02/2012 à 10:08
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D'Abidjan à Korhogo, en passant par Gagnoa ou Duékoué, ce « Plus » de Jeune Afrique vous invite à parcourir la nouvelle Côte d'Ivoire. Pas celle des slogans gouvernementaux aux allures d'images d'Épinal ou relevant de la méthode Coué, mais la vraie, celle qui panse ses plaies, se reconstruit jour après jour. Cette Côte d'Ivoire au milieu du gué, volontaire ou dubitative, généreuse ou recroquevillée, selon les perceptions, les camps, les clans. Cette terre d'Éburnie meurtrie par près de deux décennies de conflits, larvés puis bien réels, nés de la bataille pour la succession d'Houphouët entre quatre hommes -  Bédié, Ouattara, Gueï et Gbagbo -, leurs lieutenants, leurs troupes et leurs supplétifs.

Résultat, une nation plus divisée que jamais et les braises de la haine qui ne demandent qu'à être ravivées. De tous les défis qui attendent Alassane Dramane Ouattara (ADO) pour les quatre ans à venir, et ils sont légion, le plus délicat sera la réconciliation.

Nul doute que ce chantre du libéralisme, réputé rigoureux, travailleur et bien entouré, saura soigner le patient ivoirien en termes de développement, d'investissements étrangers ou de relance économique. C'est son métier depuis toujours, il a déjà fait ses preuves, notamment sous Houphouët, alors que le pays, exsangue, était au bord de l'asphyxie et que personne ne se précipitait à son chevet pour le secourir. La réconciliation, en revanche, est une autre affaire...

Coupée physiquement en deux après la tentative de coup d'État de 2002, la Côte d'Ivoire est, aujourd'hui encore, une sorte de Janus d'Afrique de l'Ouest. Pro- et anti-Ouattara (ou Gbagbo, c'est selon), Nordistes et Sudistes, pour schématiser, chrétiens et musulmans, patriotes ou nationalistes sourcilleux contre défenseurs d'une ouverture plus large sur le monde... Les lignes de fractures sont multiples mais se recoupent le plus souvent. Et on en revient toujours à la guerre des chefs, celle de novembre 2010 et de cette présidentielle qui, au lieu de marquer la fin d'une trop longue tragédie, n'a fait que précipiter le pays un peu plus dans l'abîme.

L'abcès n'est pas crevé, et il serait illusoire de considérer que les « perdants », ceux qui ont soutenu le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo ou simplement voté pour lui, n'ont qu'à raser les murs et se taire. Sinon, les mêmes causes produisant les mêmes effets, ils se retrouveront dans le même rôle que ces Ivoiriens du Nord longtemps traités comme des sous-citoyens, voire des « étrangers », harcelés, empêchés de travailler, rejetés ou désignés à la vindicte populaire comme les responsables de tous les maux du pays.

Après la guerre, violente et aberrante, Ouattara n'avait pas d'autre choix que de récompenser ceux qui l'avaient aidé et d'éloigner celui qui aurait mis tout en oeuvre pour obtenir sa chute. Il devait installer son pouvoir, le consolider jour après jour, créer une armée en laquelle il aurait confiance, punir ceux qui étaient allés trop loin. Point n'est question ici de morale ou d'humanisme, mais de realpolitik et de survie. Le chef doit d'abord montrer sa force, rassembler ses troupes. Et personne n'imagine que, si le scénario avait été inverse, le camp Gbagbo aurait fait preuve, lui, de plus de mansuétude...

Le temps est cependant venu de rassembler et de tendre la main. À l'allié décisif qu'a été le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de Bédié, en lui confiant, peut-être, la primature. Au FPI, aussi, en tout cas à ceux qui seront capables de dépasser leur amertume, de se projeter dans l'après-Gbagbo et qui oseront le dire - ce qui semble encore délicat aujourd'hui. À ces Ivoiriens qui ont voté pour le « camarade Laurent » par conviction et qui ne vont pas expier ce choix toute leur vie. Ceux qui ont tant été ostracisés hier ne sont-ils pas les mieux placés pour comprendre cela ?

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