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DossierLe sacre de Paul Kagamé

04/08/2010 à 15:23
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Paul Kagame lors du lancement de la campagne présidentielle, le 20 juillet 2010 à Kigali. Paul Kagame lors du lancement de la campagne présidentielle, le 20 juillet 2010 à Kigali. © AFP

L’atmosphère entourant la campagne présidentielle devient chaque jour plus pesante. Suite à l’appel au soulèvement émis par le colonel en exil Patrick Karegeya, le président rwandais Paul Kagamé a fermement mis en garde contre toute tentative de déstabilisation. 

Paul Kagamé menace. « Ceux qui veulent la guerre, ils auront la guerre. Et ils le regretteront », a-t-il prévenu, lors d'un meeting mardi près de Kigali pour la campagne de la présidentielle du 9 août.

Paul Kagamé faisait apparemment référence à des déclarations du colonel Patrick Karegeya, ex-chef des services de renseignements extérieurs aujourd'hui en exil, qui, dans un article du bi-hebdomadaire ougandais The Observer paru la veille, avait appelé les Rwandais à se « soulever » contre la « dictature » de Kagamé.

« Personne ne viendra sauver les Rwandais de la dictature de Kagamé, et il n'est plus temps de se croiser les mains », a déclaré Karegeya. « De toute évidence, certains y perdront leur vie mais ceux qui mourront auront perdu leur vie pour une juste cause, et je suis prêt à soutenir les Rwandais qui veulent combattre la dictature de Paul Kagamé », a-t-il ajouté.

« Cet appel est une déclaration criminelle qui ne peut pas être prise à la légère », a réagi dans la presse le porte-parole de l'armée rwandaise, le colonel Jill Rutaremara. « Rien ne permettra [à M. Karegeya, NDLR] de couvrir ses crimes et de stopper le cours de la justice », a-t-il renchéri.

Compagnons de lutte

Le colonel Karegeya est un ancien compagnon de lutte de Paul Kagamé au sein du Front patriotique rwandais (FPR). Tout puissant chef des services de renseignements extérieurs, cet officier de haut rang a fui le Rwanda en 2007 et trouvé refuge en Afrique du Sud, où s'est également exilé depuis mars l'ancien chef d'état-major de l'armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa.

Celui-ci a été victime le 19 juin d'une tentative de meurtre devant son domicile de Johannesburg, pour laquelle l'Afrique du Sud a mis en cause des « agents » agissant pour un « pays étranger », sans autre précision. Kigali a démenti toute implication.

« Karegeya, comme son complice fugitif Kayumba Nyamwasa, est un criminel qui a choisi la voie de la violence et qui est réclamé par la justice de son pays (...) », a accusé le porte-parole de l'armée. (Avec AFP)
 

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