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DossierRêves de grandeur

16/12/2008 à 15:59
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Dans un peu moins de huit mois, le 3 août 2009, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo fêtera le trentième anniversaire du coup d’État qui l’a porté au pouvoir en renversant son oncle, le sanguinaire Francisco Macias Nguema. Un « putsch » qui a permis de tourner la page d’une tyrannie de dix ans, précédée de deux siècles d’une colonisation qui s’acheva alors que Madrid vivait encore sous la férule franquiste.

Troquant son treillis de lieutenant-colonel pour l’habit de chef d’État, Obiang Nguema a passé la première moitié de sa présidence à déjouer les complots, à construire la nation, à s’arrimer économiquement à la zone franc pour en tirer de maigres bénéfices en matière d’aide, avant de procéder à une timide ouverture politique.

Depuis 1996, il a enfin trouvé les moyens de son développement. Grâce aux revenus du pétrole, exploité à grand train par les majors américaines, les 700 000 habitants voient l’île de Bioko et la partie continentale du pays se métamorphoser : maillage routier, réseau d’adduction d’eau, centres d’affaires, nouveaux logements, hôpitaux, écoles… On parle encore de 1 500 projets de développement d’ici à 2020. Des chantiers que les grands groupes s’arrachent dans une concurrence effrénée, pour des résultats qui font pâlir de jalousie les chefs d’État africains.

Bâtisseur dans l’âme, Obiang fait jouer la concurrence, va vérifier l’avancement des travaux, visite ce qui se fait de mieux à l’étranger, comme à Dubaï, en début d’année. « La panthère aux aguets », comme l’ont surnommé ses adversaires, veut s’inspirer de ce modèle pour sortir son pays de sa trop grande dépendance à l’égard de l’or noir. Ses ambitions : faire de la Guinée équatoriale un carrefour commercial et un bassin pétrochimique régional, attirer les touristes, développer les télécommunications et les services… Bref, préparer l’après-pétrole.

Mais, s’il veut attirer autre chose que des entrepreneurs alléchés par le seul appât du gain et des clandestins africains prêts à tous les sacrifices pour se faire un petit pécule, le chef de l’État doit encore mieux sécuriser les investissements, renforcer les libertés individuelles, former ses concitoyens aux métiers d’une Guinée équatoriale « moderne », améliorer la situation des droits de l’homme et, surtout, ouvrir le pays à la culture et aux loisirs. Pas encore de librairies, ni de cinéma, ni de kiosques à journaux. Allez, encore des efforts, señor Presidente !

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