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DossierPétrole et Gaz : les enjeux des prochaines années

18/01/2012 à 12:30
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L'Ogim proposera bientôt quatre cycles d'un an, dont un à Monastir. L'Ogim proposera bientôt quatre cycles d'un an, dont un à Monastir. © Ogim

En quatre ans, Oil and Gas Institute of Monastir (Ogim) a déjà formé 150 ingénieurs et techniciens de l’industrie pétrolière. La plupart sont employés par des multinationales présentes en Tunisie.

Et si la Tunisie était la destination incontournable pour une formation aux métiers de l’industrie du pétrole ? Bien que ce secteur n’y soit pas particulièrement dynamique, le pays peut se prévaloir d’une intense activité liée à la découverte de nombreux gisements qui produisent tous les ans quelque 8 millions de tonnes équivalent pétrole (gaz et liquide). Pas étonnant, dans ces conditions, qu’une école consacrée à cette industrie ait vu le jour. Et quatre ans après sa création, l’Oil and Gas Institute of Monastir (Ogim) s’installe dans le paysage et s’assure même une visibilité à l’international, la plupart des 150 ingénieurs et techniciens (10 % de Subsahariens) formés jusqu’ici étant employés par des compagnies américaines, françaises ou autrichiennes présentes sur le sol tunisien. « En 2010, nous avions deux étudiants français qui sont partis le 13 janvier 2011, chassés par la révolution, souligne Jalel Hadhri, fondateur et président du comité scientifique. Ils s’étaient laissé séduire par la qualité de nos enseignements. »

Trois cycles

Il est vrai que l’institut privé bénéficie de l’appui technique de partenaires comme CGGVeritas pour la géophysique, l’École nationale d’ingénieurs de Monastir pour les équipements mécaniques et les fondamentaux, ou encore Schlumberger pour les logiciels liés à l’ingénierie du réservoir.

L’établissement propose trois cycles d’un an, à Monastir. Le premier forme des ingénieurs en amont pétrolier, recrutés à bac + 4 ou 5 (électronique, mécanique, génie industriel, génie des procédés, informatique industrielle). Au terme de leur parcours, ils décrochent un diplôme généraliste couvrant une large gamme de métiers du secteur, de l’exploration à la production. Le second cycle, celui des ingénieurs-foreurs, s’adresse à la fois aux cadres des compagnies pétrolières et aux particuliers en quête d’une spécialisation pointue.

Le troisième offre un programme très spécifique, fortement orienté pétrole, pour techniciens de production généralement issus des filières mécanique et chimie ayant obtenu un bac + 2. Enfin, l’institut ouvrira en février 2012 à Tétouan, près des champs pétroliers du Sud tunisien, un cursus d’opérateurs pétroliers de niveau baccalauréat.

Il faut être capable de supporter des conditions extrêmes, en mer, sur une petite plateforme

Endurance

Dans tous les cas, l’admission se veut plus sélective au fil des ans. Dans un pays qui affiche un fort taux de chômage, pas question d’accueillir ceux qui cherchent juste un label pour orner leur CV. Outre le traditionnel dossier, elle implique désormais un entretien de motivation. Car il faut être capable de supporter des conditions extrêmes (en mer, sur une plateforme de faible surface) et donc justifier d’une grande endurance et de qualités de travail en équipe.

Petite originalité de l’établissement confessée par le directeur : un certain sexisme lors des sélections, notamment dans le cycle techniciens. Les hommes sont privilégiés, les femmes ayant souvent beaucoup de mal à se faire recruter après leurs études, en particulier sur les champs pétrolifères. Elles ont en revanche leurs chances en programme ingénieurs, puisque, au même titre que les hommes, elles sont demandées dans les bureaux d’études. Les départements ingénierie du réservoir, qui préparent les projets de forage des compagnies pétrolières, offrent également de belles opportunités. Tout comme les sociétés de service.

En ce qui concerne les salaires, les étudiants de l’Ogim, recherchés par les compagnies étrangères de la place, s’en sortent plutôt bien : de 2 000 à 3 000 dinars (de 1 000 à 1 500 euros) annuels chez l’autrichien OMV par exemple, contre 1 000 dinars dans les entreprises nationales. Un juste retour sur investissement, les coûts de formation allant de 8 000 à 15 000 dinars. 

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