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DossierBénin : Boni Yayi II ou l'éloge de la rigueur

03/01/2012 à 11:41
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En fin de mandat, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin revient sur son bilan. Et imagine à quoi pourrait ressembler, dans le futur, cette institution que le gouvernement veut dépoussiérer.

Élu à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCIB) en 2003, Ataou Soufiano, 46 ans, achève fin décembre son deuxième et dernier mandat à la présidence de l’assemblée consulaire. Il est par ailleurs chargé de mission auprès du président Boni Yayi pour la réhabilitation de Porto-Novo, et président de la Maison de l’Afrique, à Paris.

Jeune Afrique : Quel bilan faites-vous de vos huit ans à la tête de la Chambre ?

Ataou Soufiano : Nous nous sommes inscrits dans une dynamique de modernisation de l’institution, d’une part, et de développement économique, d’autre part. La CCIB s’est notamment dotée, dans tous les départements, de sièges modernes, construits sur fonds propres. Nous nous sommes également illustrés, dans les départements, par la construction ou l’extension de certains marchés, d’aires de foire, d’entrepôts, etc., et, en matière de développement, nous proposons régulièrement des formations gratuites aux entrepreneurs. Sur le plan de la coopération, nous avons multiplié les contacts pour faire découvrir le Bénin aux investisseurs du monde entier, au sein des rencontres de la Chambre islamique de commerce et d’industrie, de la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones ou encore de la Chambre consulaire régionale de l’UEMOA [Union économique et monétaire ouest-africaine, NDLR].

Nous militons pour un environnement qui garantisse mieux la sécurité des initiatives.

Dans le rapport "Doing Business" 2012 de la Banque mondiale, le Bénin recule de la 170e à la 175e place. Comment l’expliquer, et en quoi l’État pourrait-il améliorer le climat des affaires ?

Le Bénin n’est pas un pays isolé dans le monde. Il a donc subi les conséquences des crises successives qui ont secoué l’économie mondiale depuis 2008. Le gouvernement est à l’écoute du secteur privé et nous travaillons en étroite collaboration avec lui, mais nous militons cependant pour un environnement qui garantisse encore mieux la sécurité et la prospérité de toutes les initiatives en affaires, ce qui n’est pas toujours le cas chez nous. L’arrivée du code des investissements est une avancée significative, et l’allègement de certaines mesures fiscales, sur notre conseil, devrait être un élément déclencheur pour la mise en place des affaires. Nous disons par ailleurs aux opérateurs économiques qu’ils doivent avoir le courage de formaliser leurs entreprises pour espérer un accompagnement qualitatif de l’État.

Début octobre, à un mois des élections consulaires, le gouvernement a suspendu le processus pour le renouvellement de la CCIB afin, dit-il, de dépoussiérer les textes et de créer une chambre plus représentative de l’ensemble des secteurs d’activités. Cette suspension ne risque-t-elle pas d’entacher l’image de la Chambre ?

Nos textes ne sont pas si désuets que ça, mais nous sommes cependant disposés à prendre en compte les propositions du gouvernement. C’est d’ailleurs pour cette raison que, lors de la dernière session de l’assemblée consulaire, à Dassa, le 2 décembre, nous sommes allés dans le même sens que lui, à travers une motion qui s’inscrit dans sa vision : la CCIB sera ouverte à de nouveaux groupements professionnels qui n’y étaient pas encore représentés. Maintenant, le chef de l’État doit s’intéresser à ce dossier et remettre très vite les pendules à l’heure ; c’est ce qu’attendent les opérateurs économiques du pays.

Estimez-vous qu’une organisation similaire à celle du Medef français serait pertinente au Bénin ?

Oui, cette réorganisation sur le modèle du patronat français va nous faire du bien. Cela va rendre le secteur privé plus fort et le dégager de toute tutelle qui peut lui être préjudiciable. En attendant, on va faire avec l’existant et resserrer les rangs pour rendre notre institution consulaire plus forte. 

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Propos recueillis par Malika Groga-Bada

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