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Dossier2012 : année de tous les dangers pour les chefs planétaire

02/01/2012 à 18:30
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Manifestation anti-Poutine, à Moscou, le 10 décembre. Manifestation anti-Poutine, à Moscou, le 10 décembre. © Sergei Karpukhin/Reuters

L’un est le chef du gouvernement russe, l’autre, celui de l’État. Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev avaient prévu d’échanger leurs fonctions. Mais ils ont commis l’imprudence de se dévoiler trop tôt. Du coup, l’opération s’annonce plus compliquée que prévu.

Tout était réglé comme du papier à musique. Vladimir Poutine, le Premier ministre, s’était entendu avec Dmitri Medvedev, son successeur au Kremlin, pour permuter à nouveau leurs rôles lors de la présidentielle du 4 mars 2012. Mais lorsqu’en septembre il a annoncé que la partie était jouée d’avance, l’ex-agent secret a perdu une bonne occasion de se taire. D’abord, il a humilié ses ouailles – les cadres de Russie unie – en leur signifiant que leur vote d’investiture était une mascarade ; ensuite, il a provoqué une opinion qui, pour être souvent passive, n’a guère apprécié qu’on le lui dise aussi crûment. Résultat : Russie unie a subi un sérieux revers aux législatives du 4 décembre (49,5 % des voix officiellement, grâce à des fraudes massives ; moins de 30 %, si l’on en croit l’ONG l’Observateur citoyen). Exaspérés, les Russes ont manifesté dans les grandes villes du pays pour réclamer en vain un nouveau scrutin.

Cette vague de protestation n’est pas de bon augure pour Poutine, dont la popularité longtemps stratosphérique n’a cessé de s’effriter en 2011, passant de 68 % en janvier à 51 % en décembre, selon l’institut VTsIOM, qui lui est pourtant très favorable. « Il n’est plus le chouchou des Russes, mais il va gagner la présidentielle : pour qui d’autre pourrait-on voter ? » commente Vladimir Pozner, un vieux routier de l’analyse politique. Constat cruel, mais lucide. Pour l’heure, on voit mal comment l’opposition, hétéroclite et divisée, pourrait proposer une alternance. D’autant qu’elle est durement réprimée, quand elle n’est pas carrément à la solde du Kremlin. Depuis des années, celui-ci s’assure au Parlement les bonnes grâces du Parti communiste de Guennadi Ziouganov et du Parti libéral-démocrate de l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski, ou suscite la création de petits partis d’appoint.

Trois vétérans…

Le 4 mars, face à Poutine, on retrouvera sans doute trois vétérans : Ziouganov, débarrassé des verrues qui le défiguraient mais pas de son idéologie passéiste ; Jirinovski et son folklore xénophobe ; et Grigori Iavlinski, pour le parti libéral Iabloko. La commission électorale a déjà validé plusieurs candidatures : celles du gouverneur d’Irkoutsk et de l’ex-maire de Vladivostok (proches du Premier ministre), d’une activiste, d’un homme d’affaires et de Mikhaïl Prokhorov, un oligarque de 46 ans dont on ne sait s’il roule pour Poutine ou s’il souhaite fédérer des forces libérales : la classe moyenne citadine et la jeunesse diplômée, qui rejettent un système rongé par l’immobilisme et la corruption. À la tête de 18 milliards de dollars, le roi du nickel (il est notamment le patron du groupe Norilsk) s’est vu confier en juin, avec l’aval du Kremlin, les rênes de Juste Cause, un petit parti de droite, avant d’en être privé, en septembre. Pour prouver son indépendance, il promet, s’il est élu, de sortir de prison l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski, à qui Poutine voue une haine tenace.

… et quelques outsiders

La candidature d’Edouard Limonov, une forte tête ultranationaliste qui s’est rapprochée des libéraux, a quant à elle été invalidée. Quelques outsiders pourraient profiter des difficultés de Poutine pour avancer leurs pions, tels Alexeï Koudrine, son ancien ministre des Finances, très apprécié à l’étranger, qui a annoncé son intention de créer un parti de droite.

Dans la confusion ambiante, les vieux appareils – sclérosés, mais bien organisés – que sont Russie unie et le PC devraient voir leurs champions arriver en tête. Crédité de 42 % d’intentions de vote par VTsIOM, contre 11 % à Ziouganov, Poutine, qui l’avait emporté haut la main en 2000 (52,9 %) et en 2004 (71,2 %) sera peut-être contraint à un second tour pour la première fois de sa carrière. C’est la norme en démocratie, mais, en Russie, cela vaudrait avertissement. 

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