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DossierMaroc : législatives anticipées 2011

24/11/2011 à 11:33
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Les législatives du 25 novembre au royaume du Maroc ont quelque chose d’historique pour une raison simple : elles sont les premières dans l’histoire de ce pays dont nul, à commencer par le pouvoir, ne saurait prévoir les résultats. Non pas que les précédentes, en 2007, aient été manipulées par le ministère de l’Intérieur – la quasi-totalité des acteurs s’accordant à souligner le caractère sain et professionnel de leur déroulement –, mais parce qu’elles constituent le premier test d’un paysage politique nouveau au sein duquel le roi n’est plus le deus ex machina, mais l’arbitre éclairé.

Ce rôle de souverain garant des intérêts supérieurs du pays, au-dessus des pulsions partisanes, est le produit direct de la nouvelle Constitution, adoptée en juillet dernier, laquelle donne en outre au futur Premier ministre issu des urnes les pouvoirs d’un vrai chef de gouvernement et met en place des instances indépendantes responsables de la protection des droits des citoyens.

Le fameux Printemps arabe et son avatar marocain, le Mouvement du 20 février, ont certes eu leur part dans cette évolution capitale, mais pas forcément celle que l’on croit. S’il n’y eut jamais de « M6 dégage ! », tout au plus des « M6 autrement », c’est que la situation n’avait rien de commun avec le climat délétère qui prévalait au même moment en Tunisie, en Égypte ou ailleurs. Le jeu institutionnel et partisan n’y était pas bloqué depuis l’intégration, à la fin des années 1990, de l’opposition historique au sein du gouvernement, les « lignes rouges » rigides étaient devenues flottantes, et, en plaçant le développement humain au cœur de son règne, le roi avait réussi à modifier la perception de la monarchie en renforçant sa légitimité et sa popularité.

Il y avait donc une dynamique en cours et, en ce sens, on peut dire que le 20 Février a beaucoup plus servi le pouvoir qu’il ne l’a réellement inquiété. Avec finesse, M6 a surfé sur la vague pour introduire sans douleur une réforme constitutionnelle qui mijotait sur les feux du Palais. « J’ai fait ma part, dit-il aujourd’hui à la classe politique, à vous de faire la vôtre. »

D’où l’importance de ces législatives, puisque ce sont les prochains élus qui auront à décider de l’esprit avec lequel la nouvelle Constitution sera mise en œuvre et de la lettre de son application, libérale ou restrictive.

À cet égard, tous les observateurs guetteront le score que réaliseront les islamistes du Parti de la justice et du développement, formation étroitement conservatrice dont l’histoire, la légitimité et la qualité d’évolution intellectuelle n’ont rien à voir avec celles des Tunisiens d’Ennahdha, mais qui entend bien profiter de leur victoire.

Pour s’y opposer, les autres formations comptent sur la grande inconnue de ce scrutin : le taux de participation, très faible en 2007 (37 %) et dont on espère qu’il atteindra cette fois la barre des 50 %. Parviendront-elles à mobiliser l’électorat, alors que l’implication personnelle du roi dans le domaine social a accru la défiance des Marocains vis-à-vis de partis usés, incapables à leurs yeux d’apporter des solutions à leurs problèmes quotidiens ? Ce vendredi 25 novembre sera celui de tous les jugements…

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