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DossierTogo : l'art délicat du rebond

24/11/2011 à 19:40
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De g. à d. : L. Awesso, J.-M. Y. Noagbodji et G. K. Djondo. De g. à d. : L. Awesso, J.-M. Y. Noagbodji et G. K. Djondo. © N. Robert/J.-C. Abalo/N; Robert pour J.A.

Que ce soit dans la mode, les nouvelles technologies ou les transports, ces patrons font bouger l'économie togolaise. Portraits.

Limda Awesso : la mode mise en lumière

33 ans, styliste, fondatrice d'Eli'Ma

Elle a songé un temps prendre la plume – comme son père, qui était journaliste –, mais depuis son enfance, elle dessinait des vêtements, noircissait de croquis des dizaines de cahiers, et sa passion pour la mode l’a poussée loin des salles de rédaction. Elle a commencé par ouvrir une boutique, en 2006, où elle vendait des vêtements importés de Dakar, « mais, très souvent, il fallait les améliorer… Alors autant dessiner ses propres modèles et les confectionner soi-même ». Le pas est vite franchi.

En février 2008, elle ferme sa boutique, ouvre un atelier de couture et, un an plus tard, présente sa première collection : une centaine de modèles, travaillés dans des matières africaines – basin, coton, kété, soie… –, confectionnés « avec une seule machine à coudre », se souvient la styliste. Aujourd’hui, elle en possède quinze et compte autant de « petites mains » (dont plusieurs brodeuses), sans oublier les trois employés de son show-room, installé en plein quartier populaire de Lomé. Prénommée Limda (« qui sort de l’eau » en kabyè) en hommage à sa mère originaire de l’île de la Réunion, elle a baptisé sa ligne de vêtement Eli’Ma (« source de lumière »).

Admiratrice du créateur ivoirien d’origine burkinabè Pathé’O et du Français Jean Paul Gaultier, Limda a organisé en janvier le festival international de mode Eli’Ma, sur le thème « paix et réconciliation », qui a accueilli à Lomé des stylistes ivoiriens, sénégalais, ghanéens, kényans, et bien sûr nombre de créateurs togolais.

Jean-Marie Yawo Noagbodji : il tisse sa toile

55 ans, PDG de Cafe Informatique et Télécommunications

Il est l’homme qui a introduit internet au Togo. Passionné par les technologies de l’information et de la communication numérique (TIC), Jean-Marie Yawo Noagbodji a fondé en 1987 Cafe (Centre d’assistance, de formation et d’étude) Informatique et Télécommunications.

Il s’agit du tout premier fournisseur d’accès à avoir obtenu la gestion du « .tg », en 1996 et l’interconnexion du Togo à internet l’année suivante. La société a réalisé un bénéfice net de 1 milliard de F CFA (plus de 1,5 million d’euros) en 2010, contre 400 millions de F CFA en 2009.

Seul fournisseur privé d’accès à internet face à l’opérateur historique Togo Télécom, Cafe Informatique et Télécommunications est désormais présent dans les hameaux les plus reculés du pays. Lauréat du prix 2010 de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dans la catégorie « Service exceptionnel dans le domaine de l’entrepreneuriat et de l’innovation », Jean-Marie Yawo Noagbodji cherche aujourd’hui à implanter sa société dans les pays de la sous-région.

Gervais Koffi Djondo : Asky sur un nuage

70 ans, président du conseil d’administration d’Asky Airlines

L’ex-ministre togolais de l’Industrie a de quoi être fier. En tant que président du conseil d’administration d’Asky Airlines, Gervais Djondo a en effet réussi à faire de sa compagnie une actrice panafricaine accomplie. Moins de deux ans après son lancement, le 15 janvier 2010, Asky a déjà su développer un réseau continental assez dense. Financée à hauteur de 60 milliards de dollars (45,2 milliards d’euros) par Ethiopian Airlines, Ecobank (que Gervais Djondo connaît bien puisqu’il est cofondateur du groupe et président honoraire d’Ecobank Transnational Inc.), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et la Banque d’investissement et de développement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (BIDC), la compagnie couvre déjà dix-huit pays et dessert dix-neuf destinations en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Elle affiche de belles performances, avec 8 000 passagers transportés par semaine et un coefficient de remplissage de près de 70 % sur ses principales destinations.

Prochains défis pour l’ancien élève de l’Institut des hautes études d’outre-mer ? Obtenir le droit de trafic pour Asky au Sénégal, qui refuse de lui ouvrir son ciel, lancer de nouvelles lignes sur le continent (notamment vers Malabo, Luanda, Nouakchott, Johannesburg) et, à moyen terme, démarrer les vols intercontinentaux.

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Georges Dougueli et Jean-Claude Abalo

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