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DossierTogo : l'art délicat du rebond

25/11/2011 à 11:21
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Il est des signes qui ne trompent pas. À bord des vols intercontinentaux à destination de Lomé, les hommes d’affaires étrangers sont de plus en plus nombreux. Au niveau sous-régional, la tendance est la même. Il y a quelques semaines, à Bamako, la capitale malienne, un jeune entrepreneur estimait : « Beaucoup de choses sont à refaire au Togo, le business va y redevenir florissant. » La « petite Suisse de l’Afrique » d’antan, tombée en disgrâce pendant de longues années auprès de ses partenaires et investisseurs étrangers, redevient attractive et fréquentable.

Sur le plan international, 2011 aura été une année charnière. Elle a commencé avec l’élection du président Gnassingbé à la présidence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et s’achève avec celle du pays au Conseil de sécurité de l’ONU, où il siégera pour les deux prochaines années comme membre non permanent. Progressivement, le Togo semble donc se débarrasser des démons de l’instabilité qui l’ont hanté pendant des décennies pour prendre résolument un nouveau départ.

Six ans après l’accession au pouvoir de Faure Gnassingbé, sa méthode se précise et peut se résumer en quatre points : apaiser le climat politique, restaurer la crédibilité du pays, instaurer l’autorité de l’État et relancer la machine économique. Les premiers résultats apparaissent, mais restent modestes et sont encore loin de satisfaire les immenses attentes. L’économie du pays, plongée depuis le milieu des années 1990 dans une profonde léthargie, commence à frémir. Avec + 3,7 % en 2010, la progression du produit intérieur brut est encore en deçà de la moyenne ouest-africaine, mais elle est constante depuis 2007 et semble désormais pérenne, selon les observateurs internationaux.

À l’actif de cette évolution, notamment, la reprise des investissements publics. Depuis le début du second mandat de Faure Gnassingbé, des projets qui sommeillaient dans les cartons sont enfin engagés. Lomé est devenu depuis un an un chantier à ciel ouvert. Des routes, des bâtiments, des hôtels sont en construction ou en rénovation. La tâche est loin d’être aisée. Plusieurs années de crise ont laissé ce petit pays d’Afrique de l’Ouest (56 790 km²), doté d’un port en eau profonde mais aussi d’un sous-sol riche en phosphates, dans un état de délabrement sévère.

Le cap du progrès doit donc être maintenu. Notamment en politique, où il faut s’efforcer de ramener autour de la table de négociations l’ensemble des forces vives du pays et trouver un accord sur la modernisation des institutions, la limitation des mandats, le type de régime, les modes de scrutin (pour les législatives et la présidentielle), le redécoupage électoral. Dans le domaine économique, également, où il faut poursuivre et maintenir les efforts en matière de bonne gouvernance, mieux cibler les investissements pour réduire significativement la pauvreté, créer des emplois pour les jeunes. Bref, faire en sorte que le quotidien des Togolais s’améliore.

Il s’agit sans doute là de l’une des principales conditions pour que la réconciliation prônée par l’homme fort du palais présidentiel de Lomé II, et à laquelle s’attelle depuis deux mois la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, devienne réalité. 

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