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DossierOù va le Mali ?

17/10/2011 à 16:12
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Ce sont ses émissions 100% africaines qui expliqauent sa réussite. Ce sont ses émissions 100% africaines qui expliqauent sa réussite. © Emmanuel Daou Bakary pour J.A.

Africable couvre désormais tout le continent, le Moyen-Orient et l’Europe, et produit plus de la moitié de ses programmes. Sept ans après son lancement, son PDG lui donne une petite sœur, Maisha TV, destinée aux femmes.

La discussion est très animée dans le petit salon de coiffure de Faladié, quartier populaire de Bamako au Mali. Habiba, la gérante, ses trois coiffeuses et les clientes venues se faire une beauté débattent de l’émission en cours sur le petit écran vissé au mur. C’est la troisième saison de Mini-Star, cru 2011, l’un des rendez-vous phares d’Africable. Ce concept de télé-crochet est simple : des enfants de 7 à 15 ans imitent des stars de la musique africaine, principalement malienne, et c’est au public d’élire le ou la meilleure d’entre eux. Un jeu auquel se prêtent volontiers les adultes, si l’on en croit la recherche des vêtements portés par ces stars en herbe et l’ardeur avec laquelle les femmes du salon critiquent les prestations, commentent les coiffures et tenues vestimentaires des jeunes concurrents… Très vite, quelques portables sont dégainés et les votes aussitôt envoyés par SMS au numéro affiché sur l’écran.

Au bureau, au restaurant, à la maison, la télévision occupe une grande place dans le quotidien des Maliens, qui, avec la démocratisation des antennes MMDS, ont accès à la plupart des chaînes africaines et occidentales. L’une d’elles leur plaît beaucoup – fierté nationale, sans doute : c’est Africable, justement, première chaîne de télévision privée du pays et aussi première chaîne panafricaine diffusée en clair dans une quinzaine de pays du continent.

Ismaïla Sidibé espère toucher prochainement l'Amérique du Nord et sa diaspora africaine.

Des succès d’audience. « On n’allait pas ingurgiter toute notre vie des programmes qui viennent d’ailleurs, déclare le PDG de la chaîne, Ismaïla Sidibé, une lueur amusée dans le regard. Je voulais démontrer que c’était possible en Afrique, et c’est fait. » Cela n’a pourtant pas été simple. Après une première et vaine tentative en 2000, il a réessayé, deux ans de préparation plus tard, empruntant en son nom les 650 millions de F CFA (presque 1 million d’euros) nécessaires pour lancer la machine. Le 26 juin 2004, la nouvelle chaîne panafricaine émettait officiellement, en clair et par satellite, depuis la capitale malienne.

Sept ans plus tard, elle a bien grandi. Ce qui fait son succès ? Ses programmes « 100 % afro-africains ». Notamment les séries ivoiriennes, comme Ma famille et Class’A, ou burkinabè, comme Marc et Malika. Également très regardés, les programmes d’information occupent 43 % de la grille. Parmi eux, Le Débat du dimanche, où des éditorialistes analysent et commentent des sujets d’actualité, et le magazine économique quotidien Ecomag, dont la Bourse des valeurs des produits de grande consommation (lait, huile, riz) est très appréciée. Par ailleurs, grâce à ses partenariats avec d’autres chaînes africaines, Africable propose de larges plages d’information composées de journaux télévisés de différents pays, destinées en particulier aux diasporas.

Téléspectatrices. Diffusée sur tout le continent, au Moyen-Orient et en Europe, Africable, dont le chiffre d’affaires a atteint les 4 milliards de F CFA en 2010, produit désormais plus de 50 % de son contenu et en coproduit une autre grande partie en partenariat avec des maisons de production privées de la sous-région et de France. « Elle va encore grandir », promet Ismaïla Sidibé, qui espère pouvoir toucher, dans un proche avenir, l’Amérique du Nord et son importante diaspora africaine. En plus du siège bamakois, la chaîne dispose de huit bureaux nationaux (Bénin, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée-Bissau, Niger, Sénégal, France) et s’apprête à en ouvrir un neuvième, au Maroc.

Africable étant désormais sur les rails, son président-directeur général lui donne, en ce mois d’octobre, une petite sœur : Maisha TV (« la vie » en swahili), dont les programmes sont exclusivement consacrés aux domaines qui pré­oc­cupent les femmes, à l’exception des informations, qui devraient intéresser les deux sexes. Dotée d’un budget de 680 millions de F CFA, elle est installée, avec sa quarantaine d’employés, à quelques mètres seulement du siège d’Africable.

« L’essentiel des émissions concernera la vie quotidienne, la cuisine, la santé, etc., les sujets qui touchent particulièrement les femmes », explique Ismaïla Sidibé, avant de se défendre de toute dérive misogyne. « Loin de moi la pensée que la place des femmes est à la cuisine. Elles sont à la base de plus de 60 % des actes d’achat. »

Sans oublier, comme l’a confirmé un récent sondage TNS Sofres-Omedia Côte d’Ivoire, qu’à Dakar, Conakry et Kinshasa plus de la moitié des téléspectateurs d’Africable sont des téléspectatrices. 

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