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DossierLa nouvelle vie des riches

02/09/2011 à 19:29
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À Gammarth, la maison pillée de Belhassen Trabelsi. À Gammarth, la maison pillée de Belhassen Trabelsi. © ONS Abid pour J.A.

Effet collatéral et immédiat de la révolution tunisienne : la bulle des "m’as-tu-vu" a volé en éclats.

La nébuleuse de parvenus qui gravitaient autour des maîtres de l’ancien régime tunisien fait profil bas et cherche, après des années d’ostentation et de privilèges, à se fondre dans le paysage. Les grosses cylindrées ne défilent plus entre La Marsa et Sidi Bou Saïd. On remise sa Porsche Cayenne au garage au profit de petites cylindrées ou de voitures de location. On range ses bijoux au coffre. Aux vêtements de grande marque on préfère le jean passe-partout, et on ne s’affiche plus dans les lieux sélects où il était de bon ton de parader.

Alya Hamza ou Saida Chtioui, comme les autres membres du pseudo-chic club Elyssa, géré par Samira Trabelsi, la belle-sœur de Ben Ali, n’apparaissent même plus aux vernissages dont elles raffolaient, tandis que Sami Fehri, patron de Cactus Productions, ne s’offre plus de week-end au Hasdrubal Prestige de Djerba, le must des palaces tunisiens.

Cure d’austérité

La surenchère bling-bling n’est plus de mise. « Cette année, mes patrons ne passeront pas leurs vacances à Hammamet. Ils ne sont pas rassurés et préfèrent louer leur maison. Ils partiront sans doute à l’étranger », confie l’homme à tout faire d’une famille connue.

Une cuisinière, employée de maison, jubile pour sa part de n’avoir pas eu un seul grand dîner à organiser depuis des mois. « Ils sont devenus moins cassants avec le personnel, ils font moins de caprices. Les temps changent », s’enthousiasme-t-elle.

Ils ont adopté un mode de vie moins voyant et ne réservent plus de tablées à 500 euros la place dans les discothèques.

Cure d’austérité également pour les jeunes « branchés ». Ils ont adopté un mode de vie moins voyant et ne réservent plus de tablées à 500 euros la place dans les discothèques. « Trois vendredis de suite, nous n’avons eu personne. Les gens ont peur et font attention à leurs dépenses », reconnaît Tarak, le patron de l’Odéon, à Gammarth. Côté mariages, on préfère à présent les cérémonies familiales aux banquets tape-à-l’œil. Se faire oublier.

La raison de cette soudaine discrétion des fortunes voyantes et rapidement acquises est à chercher dans la crainte d’avoir à rendre des comptes quant aux liens avec le clan Ben Ali. Celles-là préfèrent se faire oublier. Les clients du restaurant Sindbad, à Tunis, se souviennent encore des fêtes arrosées au champagne offertes par Sakhr el-Materi, gendre de l’ancien raïs. Il est aujourd’hui entre Dubaï et le Qatar. Quant à Sofiène et Kaïs Ben Ali, les trublions des nuits de Hammam-Sousse, ils passent, eux, un été à l’ombre, derrière les barreaux.

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